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Pommes de terre Reconquérir le marché des jeunes foyers

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Le CNIPT, interprofession de la pomme de terre de consommation, qui a tenu son assemblée générale le 15 décembre, a comme préoccupation et comme objectif de reconquérir le marché des jeunes foyers, face à une détérioration profonde de la consommation intérieure française.

L’assemblée générale du Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT) s’est déroulée sur fond d’inquiétude devant la dégradation du marché intérieur, qui représente maintenant moins de la moitié des débouchés de la pomme de terre de consommation. Benoît Leforestier, président du CNIPT depuis décembre 2004, a eu à déplorer la « baisse de la valeur ajoutée du secteur».

Le problème du marché de la pomme de terre est que les individus qui mangent le plus de pommes de terre sont les plus âgés. « Ceux qui avaient 40 ans dans les années 1960 consommaient deux fois plus de pommes de terre que ceux qui ont 40 ans aujourd’hui », a indiqué Pascale Hébel, directrice des études de la consommation au Crédoc. Cela signifie que les générations fortement consommatrices s’effacent peu à peu. En outre, même les personnes âgées diminuent leurs rations de pommes de terre.

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Le CNIPT cherche à développer la « segmentation culinaire », c’est-à-dire à définir des segments de marché calqués sur les utilisations culinaires. Les campagnes de communication génériques et les mises en avant dans les magasins ne se révèlent plus assez efficaces, même avec des prix en baisse.

De l’argument culinaire à l’argument santé

Vendre les pommes de terre selon les utilisations culinaires qu’on en fait est non seulement une nouvelle approche, au plus près des consommateurs, car elle prend en compte leur recherche du plaisir et de la diversité, mais elle est corroborée par des scientifiques, invités à cette assemblée générale. Ils ont insisté sur l’importance des différents modes de préparation culinaire de la pommes de terre et de leurs effets différents sur la santé. Christian Rémésy, directeur de recherches à l’Inra de Clermont-Ferrand, a estimé que la pomme de terre regagnera des parts de marché chez les jeunes foyers le jour où les professionnels auront réussi à donner à ce produit un statut de légume protecteur de la santé. Patrice Sabatier considère que le PNNS (Plan national nutrition santé) a déjà fait faire un grand pas au tubercule en la reconnaissant comme un aliment bon pour la forme et la santé.