Grâce à ses champagnes et à ses cognacs, mais aussi aux bordeaux et aux bourgognes qui ont repris des couleurs, la France a battu en 2007 son record d’exportations de vins et spiritueux, qui se sont élevées à 9,3 milliards d’euros. «Cela représente l’équivalent de 180 Airbus ou 400 AGV-TGV de la quatrième génération», s’est félicité Philippe Castéja, président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS), en présentant ses chiffres à la presse.
Premier pays producteur viticole, la France a exporté en 2007 pour 9,34 milliards d’euros de vins et spiritueux, en progression de 6,9% sur 2006 (8,74 milliards). Mais la course aux records est peut-être terminée car, avertit la Fédération des exportateurs (FEVS), « ces résultats exceptionnels en 2007 ont vraisemblablement atteint un palier, laissant présager une année 2008 plus préoccupante ». Parmi les signaux négatifs, il y a avant tout la parité défavorable de l’euro par rapport au dollar et au yen et un risque sérieux de ralentissement économique en Amérique du Nord qui ont déjà commencé à se faire sentir. De plus, les faibles vendanges dans l’hémisphère Sud ces dernières années en raison des conditions météorologiques pourraient ne pas durer.
Renouveau des vins tranquilles AOC
Le renouveau des exportations des vins « tranquilles » (hors champagne et mousseux) a contribué à la progression en 2007 (+2,6 % en volume mais +7,1 % en valeur) pour un montant total de 4,16 milliards d’euros.
Les champagnes (+10,4 % en valeur, 2,36 milliards), avec 148 millions de bouteilles exportées sur un total de 338,7 millions de bouteilles vendues en 2007, et les cognacs (+11,9 %, 1,68 milliard pour 157 millions de bouteilles) progressent encore plus, ainsi que l’armagnac (+17,5 %).
Autre satisfaction pour les professionnels : « Les prix moyens augmentent en 2007 pour la quasi-totalité des vins et spiritueux, confirmant ainsi la premiumisation grandissante des marchés ».
91 % de l’excédent agroalimentaire
Au total, le secteur dégage le deuxième excédent net (8,2 milliards d’euros) du commerce extérieur français derrière l’aéronautique, mais devant les parfums et l’automobile. « Les vins et spiritueux représentent à eux seuls 91 % de l’excédent (9,1 milliards) agroalimentaire français », souligne M. Castéja.
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Les Etats-Unis, avec près de 2 milliards d’euros, restent toujours le premier client pour l’ensemble vins et spiritueux, malgré une baisse de 3 % en valeur à cause principalement de la parité euro/dollar, devant la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Belgique et le Japon.
Les 10 premiers pays clients représentent plus des trois quarts des expéditions. Les exportations ont bondi vers l’Asie (+15,3 %), notamment vers la Chine (+145,6 %), qui apparaît au 11 e rang des clients de la France dans ce secteur, et serait même au 8e rang si les statistiques des Douanes incluaient Hong Kong. « La Chine, déjà notre troisième client pour le cognac, nourrit beaucoup de nos espoirs », dit M. Castéja, mettant en avant les centaines de milliers de millionnaires que compte le pays le plus peuplé au monde. Enfin, la Russie reste un débouché d’autant plus important, malgré un recul apparent en 2007, que nombre de ces achats transitent par les Pays baltes.
Regain des vins de table
Toutes les régions viticoles profitent de l’embellie des exportations, à l’exception du Beaujolais qui a exporté pour 144 M EUR (-8,7 %) et du Languedoc-Roussillon pour 13 M EUR (-2,5 %). C’est surtout le cas de la Bourgogne (+21,5 % à 702 M EUR), des Côtes du Rhône (+10,1 % à 281 M EUR), du Bordelais (+8,8 % à 1,3 milliard d’euros).
Pour les vins de pays les ventes ont stagné à 603 M EUR et pour les vins de table elles ont bénéficié d’un regain de 6,4 % à 371 M EUR, mais dans ce domaine, rappelle la FEVS, « la France, si elle veut affronter la concurrence du Nouveau monde, devra se doter de marques internationales fortes ».