Avant la pause estivale, un entretien avec le ministre de l’Agriculture m’avait conduit, dans un édito du 20 juillet, à m’alerter d’un danger « incompréhensible » pour les consommateurs européens. Cette crainte provenait de la présence, dans la réglementation européenne, d’un principe de « tolérance à l’exportation ». Ce principe qui permet bel et bien aux pays tiers qui le demandent d’obtenir auprès de l’UE un relèvement des limites maximales de résidus (LMR). Mais force est de constater que la crainte que j’avais exprimée, celle d’une mise en danger du consommateur européen, est en pratique infondée. Après de plus amples renseignements pris auprès de la DGAL, il s’avère que ces dérogations ne sont accordées par la Commission européenne qu’après consultation de l’Efsa. Charge à l’agence sanitaire de s’assurer que ces LMR dérogatoires ne mettent pas en danger la santé du consommateur. Les textes prévoient donc un garde-fou. En pratique, ces dérogations sont donc surtout prévues pour les produits qui ont été interdits d’abord pour des raisons de protection de l’environnement. C’est par exemple le cas de l’atrazine, interdite depuis 2003 en UE. On peut se demander ce qu’il en sera du glyphosate dans 5 ans : et si la Commission européenne trouve face à elle une majorité de pays pour l’interdire, mais que l’Efsa ne change pas d’avis sur le sujet et donne un feu pour la réautoriser ? Sur quelle base scientifique la Commission pourrait-elle ensuite refuser d’accorder des LMR dérogatoires ? L’UE pourrait payer cher cette interdiction.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.