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Commerce extérieur/Région Recul des exportations agroalimentaires bretonnes

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Si la structure des exportations agroalimentaires bretonnes a peu évolué depuis 2000, « des secteurs phares sont en perte de vitesse flagrante », selon une étude de la chambre d’agriculture de Bretagne.

La force de l’agroalimentaire breton qui rapportait des devises grâce à ses positions traditionnelles à l’exportation est de plus en plus fragilisée, si l’on en juge par les chiffres mis en perspective par la chambre régionale d’agriculture de Bretagne dans la dixième édition de son panorama dédié à l’export “ Panorama des exportations agricoles et agroalimentaires bretonnes ”. Publié par le service veille–études–prospectives de la Chambre régionale d’agriculture de Bretagne. Prix de vente : 15 euros. Contact : 02 23 48 27 70..

Par rapport à l’année 2000, les produits laitiers ont reculé de 26,5 % (93 millions d’euros perdus en quatre ans !), ceci principalement à cause d’un recul sur le marché européen. Les légumes frais ont perdu 22 % (28,3 millions d’euros), principalement sur les pays tiers. Quant à la volaille, le recul de 11 % de la valeur de ses exportations s’est traduit par « un trou dans le chiffre d’affaires de 308,6 millions d’euros ».

Embellie de courte durée

Seuls deux secteurs tirent leur épingle du jeu entre 2000 et 2004. Il s’agit du porc (+ 9 % ou 33 millions d’euros en plus), et du bovin, principalement sur les deux dernières années ( + 8 %). Le porc exporte 19 % de ses productions, à 78 % sur le marché européen, et le bovin 15 %. Un chiffre encore loin, cependant, des 23 % d’avant la crise de l’ESB, en 1999.

Pourtant, poursuit la chambre régionale d’agriculture dans son document, le marché français constitue de loin le premier débouché de l’agriculture et des IAA bretonnes, avec 89,3 % du CA du secteur. Le chiffre d’affaires de l’agriculture bretonne a représenté 6,7 milliards d’euros en 2004, celui des IAA 16,29 milliards sur une moyenne 2001- 2002-2003. L’exportation des deux secteurs en valeur a porté sur 2,47 milliards d’euros.

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Aux trois quarts sur le marché européen

Les viandes constituent la moitié des ventes agroalimentaires de la région à l’exportation. Compte tenu de l’importance de l’élevage en Bretagne, le tiers des ventes françaises de viande et préparations carnées proviennent de cette région. La chambre régionale de l’agriculture remarque que la progression bretonne à l’export s’est interrompue une première fois en 1998, et que la reprise de 2000 n’a été qu’une parenthèse.

Les ventes à l’export bretonnes sont réalisées aux trois quarts sur le marché européen (70 % en volume, 76 % en valeur). C’est la concurrence exacerbée sur l’UE qui explique l’érosion des positions bretonnes. « Alors que les volumes vendus sont à la hausse, le chiffre d’affaires recule de 2 % ». Résultat, en dépit de l’accroissement du flux d’affaires vers les dix nouveaux Etats membres (+ 26 % en 2004), le CA breton sur l’Europe baisse de 1 %.

Marché des Pays Tiers : moins de restitutions

Le recul européen se manifeste de façon nette aux Pays-Bas et en Allemagne, et dans une moindre mesure en Espagne. « A contrario, le Royaume-Uni retrouve un nouveau souffle, le débouché italien poursuit sur sa lancée et la Grèce offre de belles opportunités (…) ». Les ventes sur pays tiers gagnent 1 % en volume comme en valeur, mais au prix d’une réorientation géographique. Arabie Saoudite et Côte d’Ivoire sont en perte de vitesse, peu à peu remplacées par le Japon et la Corée du Sud (ventes de viande de porc essentiellement).

La Bretagne conserve un handicap pour pouvoir exporter sur les pays tiers. Certains de ses produits ne pourraient être compétitifs sans les restitutions à l’exportation. Elles représentent 57 % des ventes de produits laitiers hors d’Europe, 44 % pour les viandes de volailles et 19 % pour la viande bovine. Toutefois, la chambre régionale d’agriculture de Bretagne précise que les ventes sans restitutions progressent, conformément à la réforme de la PAC qui prévoit un abaissement progressif du niveau de ces soutiens.