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Céréales Recul prévisible des surfaces d’orges de brasserie pour raisons réglementaires

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Le secteur céréalier doit s’attendre à un net recul des surfaces d’orges de brasserie du fait des nouvelles contraintes réglementaires environnementales. C’est ce qu’a montré un séminaire organisé par l’institut technique Arvalis le 3 février à Paris.

Les surfaces d’orges brassicoles s’annoncent en net recul pour la récolte 2010. Les nouvelles contraintes réglementaires environnementales vont pénaliser cette culture délicate à conduire, ont expliqué les intervenants au séminaire organisé le 3 février par Arvalis sur le thème « perspectives des orges brassicoles 2010 ». Ces nouvelles contraintes s’appellent le 4e programme d’action de la directive « nitrate » et les Cipan (Cultures intermédiaires pièges à nitrates).

Des coûts supplémentaires
Le 4e programme d’action de la directive « nitrate » peut obliger, selon les départements, l’implantation d’un couvert de légumineuses. Les taux importants d’azote qu’elles laissent dans le sol se traduisent par des teneurs plus importantes en protéines dans les orges. Or, la bonne qualité d’une orge de brasserie est proportionnelle à sa faible teneur en protéines. « Le surcoût peut pénaliser la productivité de l’orge de brasserie au point de freiner sa mise en culture par les producteurs », a indiqué Jean-Pierre Cohan, agronome à Arvalis.
Quant aux Cipan, elles peuvent entraîner des coûts supplémentaires de 42 à 119 euros par hectare, a ajouté Clotilde Toqué, agronome à l’institut technique.
« Implanter une culture piège à nitrates, c’est 100 euros de coûts supplémentaires à l’hectare. Il suffit d’une mauvaise implantation de l’interculture (d’hiver) pour que l’enracinement de l’orge de printemps semée en février soit difficile et que la plante utilise mal l’azote du sol. Nous risquons de faire des marges négatives », a témoigné Claude Fouassier, céréalier dans le Loiret.

Moins d’orge de brasserie dans les champs, moins de bière dans les verres
Les contraintes environnementales ainsi que le repli des cours des orges brassicoles concourrent à réduire les intentions de semis par les producteurs français. « Je vais remplacer 10% de ma superficie d’orge brassicole par du tournesol », a indiqué Claude Fouassier, pourtant un spécialiste de l’orge de brasserie, culture qui occupe 40% de son exploitation. Serge Inbona, responsable des ventes à la coopérative auboise Nouricia, estime la baisse des surfaces d’orges de brasserie chez ses adhérents à 5% en orges d’hiver et 9% en orges de printemps, tandis que le blé progresserait de 3%.
Les cours des orges brassicoles sont tombés à 90% du prix de revient des producteurs en septembre 2009, a exposé Michel Bartolo, directeur général de la coopérative de Pithiviers (Loiret). À comparer avec 153% en septembre 2008 et 210% en septembre 2007.
La raison de ce reflux des cours réside dans les excédents mondiaux, dus à des récoltes excédentaires et à un repli de la consommation de bière dans le monde de 1 à 2%, en Chine notamment, selon Philippe Lehrmann, directeur commercial du malteur belge Boormalt. Outre ce fléchissement de la consommation de bière, dû à la crise économique, les consommateurs ont davantage acheté de la bière générique, dans les grandes surfaces, et moins commandé de bière au bar. Or, les bières génériques sont fabriquées à partir de grains crus, et non de grains maltés, le premier procédé étant moins utilisateur d’orge.
Producteurs et agronomes d’Arvalis préparent d’ores et déjà la récolte 2011 avec comme préoccupation « d’éviter que l’orge brassicole de printemps disparaisse de régions entières ».

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