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Produits avicoles Redéploiement de la production suite à la crise aviaire et à la mise aux normes

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Les nouvelles normes européennes prévoient pour 2012 une augmentation de la surface minimale d’élevage de poules pondeuses. L’investissement nécessaire à ces exigences renforcera la concentration de la filière que la crise aviaire avait engendré, marquant notamment le recul de l’élevage de poulets de qualité.

En cinq ans la filière avicole française a vu le nombre de producteurs baisser mais la production totale stagner, rapporte Agreste Primeur sur la base des statistiques du ministère de l’agriculture. Le recul des poulets de qualité marque la première conséquence de la crise aviaire de 2005, avec un retrait de 14% entre 2004 et 2008 (AOC : -5%, label : -9%) pour une part désormais de 15% de la production totale de poulets. Les éleveurs ont rapidement converti les bâtiments concernés (une exploitation sur cinq qui produisait en AOC) pour abriter désormais du « gallus », et s’adapter à la baisse depuis 2008 des consommations de poulet labellisé. Seule l’aviculture biologique est en croissance (+10%) mais reste un marché très minoritaire (0,6%) qui ne peut compenser le recul des autres élevages de qualité hors poulet. En effet la dinde continue de chuter, avec sur quatre ans une perte de production de 33%. Ce sont plutôt les élevages de canards gras qui stabilisent la filière avicole. Bien que le nombre d’exploitations élevant du canard soit en net repli (-39%), la production a augmenté de 5 % depuis 2004. La régionalisation des élevages a peu changé, la Bretagne conservant 40% de la production nationale de poulet de chair, et la France reste, avec l’Allemagne, en tête de la production européenne.

1 milliard € pour mettre aux normes les infrastructures
La réorganisation de la filière s’est faite notamment en prévision de l’application de nouvelles normes européennes en 2012 qui prévoient une augmentation de l’espace minimal par poule pondeuse de 550 à 750 cm2. En cinq ans, « 1/6 des exploitations élevant des pondeuses d’œufs de consommation a disparu », rapporte Agreste Primeur, celles restantes ayant déjà – pour environ 40% d’entre elles contre seulement 10% en 2008 – rénové leurs bâtiments en vue des nouvelles normes. L’obligation pour la grande distribution de délivrer au consommateur des œufs frais aux normes pousse les éleveurs à moderniser leurs installations. Ce sont ainsi 42% des bâtiments non-équipés actuellement qui le seront dès 2011, pour le reste aucun programme n’est encore prévu. Avec une hausse de 6% pour la consommation d’œufs en France en 2009, l’interprofession consent à ces investissements de modernisation nécessaires (près d’un milliard d’euros, estime Francis Damay, président du CNPO) tout en sachant que les producteurs qui ne s’y plieraient pas renonceraient à la ponte. Ce resserrement de l’activité se fera au bénéfice d’éleveurs dont les infrastructures déjà anciennes seront rénovées et agrandies de 10%. La Bretagne sortira encore renforcée par cette dynamique dans son leadership national.

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