Après des années difficiles, Marie Brizard Wine & Spirits a publié des résultats pour 2021 qui témoignent de la réussite de sa stratégie de recentrage sur son cœur de métier. Son actionnaire majoritaire est quand à lui sanctionné par l'Autorité de la concurence à hauteur de 7 M€ pour avoir agi de manière délibérée au mépris des règles de concurrence.
Le groupe de spiritueux Marie Brizard Wine & Spirits (MBWS) a dégagé un Ebitda de 12,6 M€ en 2021 (+2 %) pour un chiffre d’affaires de 166,7 M€, en repli de 2,4 %. « L’amélioration de l’Ebitda en 2021 repose sur des fondamentaux solides, résultant de la mise en œuvre continuelle de l’exécution opérationnelle de notre stratégie de création de valeur », a souligné le directeur général, Andrew Highcock, dans le communiqué du 14 avril. La marge d’Ebitda ressort à 7,5 % contre 6,3 % un an plus tôt. Et après plusieurs années dans le rouge, le résultat net des activités poursuivies redevient positif à 6,6 M€ (+12,2 %) « reflétant le redressement amorcé de la profitabilité du Groupe et la pertinence de son recentrage sur ses activités “marques”, son cœur de métier », indique le groupe.
Au bilan, MBWS affiche des capitaux propres de 173,6 M€ au 31 décembre 2021 (contre 66,6 M€ un an auparavant) et une trésorerie nette de 48,2 M€ (contre un endettement financier net de 43,6 M€). Pour pallier ses difficultés de trésorerie, la société a été renflouée par la Cofepp (holding de la famille Cayard, propriétaire de plusieurs marques de spiritueux : La Martiniquaise, Porto Cruz, Old Nick, Negrita…), son principal actionnaire avec 70 % du capital actuellement.
Pour 2022, la prudence est de mise pour MBWS, compte tenu des incertitudes, tant sur l’approvisionnement des matières premières que des hausses des coûts. « Le Groupe a adopté une position conservatrice sur ses performances annuelles », précise-t-il. Une position en outre aggravée par le conflit en Ukraine « et ses répercussions non encore complètement mesurables sur l’ensemble des marchés où opère MBWS (en France et Europe tout particulièrement) », est-il encore souligné.
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La Cofepp sanctionnée par l’Autorité de la concurrence
L’Autorité de la concurrence a annoncé le 12 avril avoir sanctionné la société Cofepp pour avoir pris le contrôle de MBWS avant de lui avoir notifié cette opération et donc sans attendre son autorisation. Cofepp, qui a n’a pas contesté les faits, s’est vu infliger une sanction de 7 millions d’euros.
L’Autorité explique dans son communiqué qu’en ayant agi de la sorte, Cofepp a exercé « une influence déterminante sur MBWS, notamment en nommant son nouveau directeur général, en négociant avec ses fournisseurs à la place des dirigeants de MBWS, en participant directement à l’établissement de la politique commerciale et budgétaire de MBWS et en intervenant dans plusieurs décisions de gestion opérationnelle ».
Concrètement, Cofepp a commencé à se rapprocher de MBWS à partir de juin 2015, en entrant de manière progressive au capital, jusqu’à en devenir le principal actionnaire dès 2017. « Cette prise de contrôle de fait de MBWS est intervenue alors même que l’opération de concentration n’avait pas été notifiée à l’Autorité puisque c’est seulement le 3 janvier 2019 que Cofepp a déposé son projet de prise de contrôle exclusif de MBWS à l’Autorité de la concurrence », souligne encore l’Autorité. Celle-ci reproche donc à la Cofepp « une volonté délibérée de procéder à la réalisation effective de l’opération au mépris des règles de concurrence. Les éléments au dossier témoignent d’une parfaite connaissance par Cofepp des obligations, relatives à la prise de contrôle exclusif de MBWS, qui pesaient sur elle et qu’elle a méconnues ».