Suite à la publication par la Cour des comptes de l’UE d’un rapport critiquant la mise en œuvre de la directive sur l’usage durable des pesticides, et alors que la Commission européenne prépare des propositions en la matière dans le cadre de sa stratégie « de la fourche à la fourchette » (1), les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) estiment que les progrès réalisés grâce à la recherche et à l’innovation, à l’échange de connaissances et aux efforts des agriculteurs pour utiliser les produits de manière plus durable ne sont pas reconnus. Dans une position publiée le 7 février, le Copa-Cogeca regrette également que « les débats publics en cours ne tiennent pas compte du fait que l’agriculture de l’UE est confrontée à une demande croissante de production de denrées alimentaires, d’aliments pour animaux et de produits non alimentaires ». « Un seul objectif de réduction » ne peut constituer « une solution unique », préviennent les organisations agricoles de l’UE.
Pour le Copa-Cogeca, « les produits phytopharmaceutiques resteront un élément essentiel de la lutte intégrée, même si leur part continuera à diminuer à l’avenir. Une boîte à outils de protection des cultures plus petite ou inefficace, que ce soit pour les méthodes de production conventionnelles ou biologiques, n’affectera pas seulement les rendements des cultures, mais augmentera également l’insécurité alimentaire ».
C’est donc, pour l’organisation professionnelle, une palette de mesures qui doit être mise en place comprenant : la lutte intégrée comme norme en matière de protection des cultures, des procédures plus claires et plus rapides pour l’évaluation des nouvelles substances actives, en particulier celles qui présentent un faible risque, des solutions de traitement pour les cultures spécialisées, et une sensibilisation des consommateurs et au niveau international. Enfin, le Copa-Cogeca insiste sur les technologies récentes comme les nouvelles techniques de sélection (NBT) et les solutions numériques, qui seront « des outils importants pour soutenir une nouvelle réduction de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques ».
(1) Voir n° 3728 du 10/02/2020
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(2) Voir n° 3726 du 03/02/2020
(3) Voir même numéro
Mise en garde parlementaire
Dans une question orale posée le 13 février à Strasbourg, Norbert Lins, président de la commission de l’Agriculture du Parlement européen, a interpellé la Commission européenne sur la place qui sera accordée aux agriculteurs dans la future stratégie « de la fourche à la fourchette » qui doit être dévoilée fin mars (2). Comment la Commission entend-elle garantir la réalisation des objectifs environnementaux de cette stratégie, tout en respectant pleinement la diversité des systèmes agricoles et alimentaires de l’UE et en préservant la compétitivité des producteurs ?, a-t-il demandé en substance. Et de rappeler que « la durabilité économique et la durabilité environnementale sont indissociables et que le secteur aura besoin de ressources financières supplémentaires pour répondre aux nouvelles exigences ». Réponse du commissaire européen à l’Agriculture : « Il faudra un budget suffisant pour aider les agriculteurs à atteindre ces nouveaux objectifs ». Janusz Wojciechowski se veut optimiste, il estime que Parlement européen et, de plus en plus, les États membres en prennent conscience. Les discussions le 20 février entre chef d’État et de gouvernement sur le cadre financier pluriannuel de l’UE diront s'il a raison (3).