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Ruminants « Rééquilibrer les soutiens à l’élevage dans la Pac »

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A quelques semaines de la présidence française de l’UE, les représentants des éleveurs de ruminants de la FNSEA étaient réunis pour administrer une piqûre de rappel au gouvernement et à la Commission européenne. Avec toujours la même revendication principale : « Rééquilibrer les soutiens à l’élevage ».

«Une journée historique », a commenté Pierre Chevalier, le président de la Confédération nationale de l’élevage (CNE) le 5 juin. Tous les présidents des fédérations spécialisées en élevage ruminant de la FNSEA (FNB, FNO, FNEC, FNPL) s’étaient réunis ce jour-là, entourés de représentants du Brésil, de l’Inde, de la DG Agri (Commission européenne), de l’Inra et des ministères de l’Agriculture et de l’Ecologie, pour échanger sur le thème : « Défis et opportunités pour l’élevage ruminant en Europe ». L’occasion pour les représentants d’éleveurs du syndicalisme majoritaire de réaffirmer leur position sur le bilan de santé de la Pac avant « le marathon de la présidence française de l’Union européenne » qui débute le 1 er juillet. « Oui à une véritable Pac reconnaissant les spécificités de l’élevage et encourageant une production durable. Non à un accord à l’OMC visant à remplacer la production de l’UE par des importations », ont clamé tour à tour les syndicalistes.

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Méthane et effet de serre

Ces derniers temps, les productions animales ont été décriées, notamment pour leurs conséquences sur l’environnement. Michèle Pappalardo, commissaire générale au développement durable au ministère de l’Ecologie, de l’Energie et du Développement durable, revient sur la principale critique : « La contribution de l’élevage au réchauffement climatique est un vrai problème. 1 kilogramme de méthane représente 25 fois plus de gaz à effet de serre que le CO 2 » , explique-t-elle. « Mais l’élevage possède de nombreux effets positifs sur l’environnement, notamment grâce aux prairies qui permettent notamment la préservation des ressources en eau », tempère-t-elle rapidement, reconnaissant être préoccupée par « le recul actuel des surfaces de prairies ». « Les émissions de méthane par les ruminants ne représentent que 3 à 5 % de l’effet de serre au niveau mondial », souligne de son côté Marion Guillou, présidente de l’Inra. « Nous avons les mêmes points de vue que vous, mais nous avons un seul problème : un déficit de communication. Je ne doute pas de votre pouvoir et de vos facultés à communiquer. Il nous faut tous se mettre à gagner contre la Commission européenne. Nous devons obtenir un rééquilibrage des soutiens au profit de l’herbe. On va y arriver tous ensemble, car nous sommes tous d’accord ici », a martelé Pierre Chevalier, suite à ces deux interventions. « Oui, nous avons un problème de communication. Notre souci sur le recul des prairies n’est pas nouveau. Notre préoccupation est bien de pouvoir garder la prairie avec la vache et pas une sans l’autre ». De son côté, le directeur du développement rural à la Direction de l’agriculture à la Commission européenne, José Manuel Sousa-Uva, s’est dit étonné que la Commission soit prise en « bouc émissaire ». « Je travaille en pensant à vous. Les décisions sont prises à 27 », a-t-il rappelé. Présent également lors du colloque, Jérôme-André Gauthier, conseiller technique de Michel Barnier sur les questions d’élevage, a affirmé que « les politiques agricoles demeurent plus que jamais à l’ordre du jour » compte tenu du contexte mondial. Pour lui, le bilan de santé de la Pac doit permettre « une véritable réorientation des aides directes avec l’article 68 (ndlr : nouveau nom de l’article 69) ». « L’Europe a besoin d’une Pac forte, diversifiée et respectueuse de l’environnement », a-t-il ajouté.