Bien entendu, les négociateurs des institutions européennes avaient pour objectif premier d’obtenir ce qu’ils estimaient être le meilleur, ou le moins mauvais, pour le secteur agricole, avec les moyens budgétaires limités dont ils disposaient. Mais les pourparlers sur la réforme de la Pac, qui viennent enfin de se conclure, ont aussi donné lieu à une lutte de pouvoirs prévisible. C’est la première fois que les eurodéputés « co-décidaient » sur un dossier aussi sensible et complexe. Et ils sont satisfaits non seulement d’avoir influencé certaines orientations des ministres, mais, qui plus est, d’avoir corrigé – même si c’est à la marge – des conclusions, en général intouchables, des chefs d’État et de gouvernement. C’est donc aussi « la première fois que le Parlement parvient à modifier un texte du sommet », en l’occurrence celui de février sur le cadre financier de l’Union pour la période 2014-2020, s’est ainsi félicité Paolo De Castro, le président de la commission de l’agriculture de l’Assemblée européenne. « À l’avenir, les chefs d’État et de gouvernement éviteront de parler de sujets soumis à la co-décision », a-t-il insisté. L’ancien ministre italien des politiques agricole, alimentaire et forestière voulait surtout obliger les États membres à finaliser l’accord sur la réforme de la Pac lors d’un « trilogue » en bonne due et forme entre les députés, la Commission européenne et le Conseil des Vingt-huit, alors que ce dernier se refusait à rouvrir officiellement le débat, surtout sur des questions traitées au sommet. Il a eu gain de cause. Le commissaire européen Dacian Ciolos était là. En revanche, le président du Conseil, le Lituanien Vigilijus Jukna, a préféré se faire représenter.
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