Dans un manifeste publié le 31 octobre, une centaine d’ONG européennes, dont l’association française Générations futures et l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf), demandent une réforme du système d’évaluation des pesticides sur le plan européen. Elles déplorent que le dispositif actuel « n’empêche pas l’utilisation de produits chimiques dangereux », citant l’exemple du métam-sodium, responsable de 80 intoxications dans le Maine-et-Loire ces dernières semaines.
Réunies dans un collectif « Citizen for Science in Pesticide Regulation », elles appellent à mettre fin aux « conflits d’intérêts majeurs » présents, selon elles, dans le processus d’homologation des produits phytosanitaires réalisé par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). Elles demandent une plus grande transparence sur les études réalisées par les industriels, qui occupe une large place dans le processus d’homologation. Les signataires de ce texte proposent de confier à « des laboratoires indépendants » les tests de sécurité des produits phytosanitaires, et de les faire financer par une taxe payée par l’industrie.
Ce manifeste est publié dans un contexte particulier : la directive 2009/128/EC, qui réglemente le processus d’homologation, doit être renouvelée dans les prochains mois. Dans cette optique, le Parlement européen étudie les propositions de réforme de l’Efsa présentées par la Commission européenne en avril dernier. En parallèle, les travaux de la Commission spéciale sur l’homologation des pesticides touchent à leur fin, avec un vote en commission le 6 décembre et vote final en plénière le 17 janvier.
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« L’idée est de peser dans ce débat, afin qu’il ne soit pas confisqué par des fonctionnaires européens », indique ainsi François Veillerette, président de Générations futures. Pour répondre à ce manifeste, l’Efsa indique qu’elle partage l’idée de promouvoir une « plus grande transparence », et une publication « en ligne toutes les études et données » dont elle dispose « dans un format accessible ». L’institution appelle toutefois à délimiter plus « clairement d’un point de vue juridique » les données industrielles qu’elle peut « légalement publier ».
Mettre fin aux « conflits d’intérêts majeurs »