La réforme de l’OCM viti-vinicole qui devra être quasiment bouclée fin 2006, fait l’objet de débats sur de nombreux points. Mais la question de l’origine du vin est sans doute la question la plus sensible. Se calquant sur les autres secteurs économiques, il est possible que l’Europe adopte une définition dangereuse pour les viticulteurs français. Le pays qui donnera son origine au produit fini pourrait être celui où aura lieu la modification la plus substantielle. Ainsi, ce pourrait être l’endroit où le jus de raisin est transformé en vin. Des moûts provenant d’autres pays du monde pourraient alors porter le label « France », mettant en difficulté sur leur propre sol les vignerons français dont les coûts de production sont parmi les plus élevés. Une des solutions serait alors pour eux de vendre le raisin à des transformateurs mais ils deviendraient dépendants des prix pratiqués par ces derniers qui s’aligneraient rapidement, peu ou prou, sur les prix des autres pays. « L’origine des vins est menacée par des débats sans fin sur la vinification des moûts importés. Il faut renforcer notre notion d’origine et l’idée que le lieu de production du raisin est important », a estimé Joël Castany. « Il est illusoire de croire que ce que l’on décidera en terme de règle d’origine et de pratique œnologique n’aura pas d’impact sur le plan économique. Dans une économie ouverte, la normalisation correspond à une compétition économique », a commenté Patrick Aigrain. Lars Hoelgaard, s’est montré plus soucieux d’économie que de pratiques œnologiques. Il a déclaré : « Nous devons être plus libéral aussi longtemps qu’il n’y a pas de risque pour la santé. La notion de vin de table et de vin de qualité doit être réfléchie au niveau du producteur pour pouvoir devenir compétitif par rapport à l’extérieur ».
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