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Réforme ou toilettage

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Le constat est unanime : l’agriculture est en crise. Les revenus agricoles sont au plus bas, et depuis ces dernières années, les filières souffrent les unes après les autres pour cause d’accidents climatiques, de crises sanitaires, d’effondrement des cours… Depuis des mois, les colloques et conférences à Paris et à Bruxelles se succèdent pour expliquer ô combien la Pac n’est plus adaptée. Qu’il faut inventer une nouvelle approche, de nouveaux outils.

Et c’est dans ce contexte que le Copa-Cogeca, qui regroupe les organisations de producteurs majoritaires et coopératives agricoles de l’UE, a publié son avis sur l’avenir de la Pac. Que dit-il ? Qu’il faut surtout ne rien changer. Quant aux outils de gestion des risques, ils ne doivent être que complémentaires. Une position surprenante.

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Lors de la réforme précédente, le commissaire à l’agriculture de l’époque, Dacian Ciolos, marchait sur des œufs car il craignait de ne pas réussir à justifier le bien-fondé des aides Pac auprès des citoyens. La même question se pose avec encore plus d’acuité aujourd’hui. Comment faire comprendre aux citoyens européens qu’il faut préserver le budget de la Pac pour soutenir le revenu des agriculteurs, tout en ne changeant rien à son fonctionnement, alors qu’ils entendent parler d’agriculteurs en difficulté dans tous les médias ? Certes, si toutes les mesures qu’ont votées les eurodéputés « agricoles », dans le cadre du règlement omnibus, vont jusqu’au bout du processus réglementaire, cela équivaudra à une réforme de la Pac avant l’heure, et celle de l’après 2020 pourra être plus light. Mais le pari est loin d’être gagné.