Face à la demande croissante des industries d'abattage et des entreprises de génétique pour connaître leurs animaux, Mathieu Monziols, ingénieur d'étude à l'Ifip - Institut du porc, observe un regain d'intérêt pour la technologie des scanners à rayons X. Interview réalisée à l'occasion du salon Space.
Le scanner à rayons X n'est pas une technologie nouvelle. Pourquoi se développe-t-elle seulement maintenant en élevage et en agroalimentaire?
Les premiers scans d'animaux vivants datent des années 80. Leur développement aujourd'hui est lié aux besoins croissants du secteur de l'abattage-découpe, qui a des débouchés multiples, de bien connaître ses produits. De manière générale, toutes les méthodes de mesure se développent dans le secteur. Présents depuis longtemps dans les laboratoires, les pHmètres par exemple sont utilisés depuis une dizaine d'années quasi systématiquement en abattoir. Jusqu'ici, les scanners médicaux à rayon x étaient coûteux et peu adaptés. Les abattoirs envisagent d'utiliser de nouveaux types de scanners en ligne à l'avenir.
Quel en sera l'usage dans l'agroalimentaire?
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Il s'agit de mettre un équivalent de scanner sur une ligne d'abattage, afin de mesurer les composants d'une carcasse ou d'une pièce, et de mieux utiliser la matière première présente sur chaque carcasse. Plusieurs centres de recherche en Europe travaillent à l'adaptation de scanners médicaux à cet usage. Cela peut venir dans cinq à dix ans. Est-ce que la technologie va percer ? Cela dépendra du coût, et de l'intérêt de l'industrie pour la mesure de la composition corporelle. La machine médicale de l'IFIP coûte aujourd'hui entre 200 000 et 300 000 euros. Qu'en sera t-il de ces nouveaux appareils ?
Et en élevage ?
À terme, les stations de testage des entreprises de génétique seront équipées d'une technologie de scan pour ajuster leur mesure corporelle. En Ecosse, une entreprise propose un service de scanner mobile, dans un camion, qui donne une note à des béliers sélectionnés. En lapin, une entreprise de sélection hongroise scanne ses mâles pour les trier sur leur composition corporelle. En Norvège, l'entreprise de génétique porcine Norsvin dispose d'un scanner dans sa station de testage. L'entreprise américaine Topigs également. Tous les monogastriques, à terme, devraient être touchés par cette technologie pour la sélection des reproducteurs.