George W. Bush a émis une phrase curieuse mais digne d’attention en nommant sa nouvelle négociatrice au commerce extérieur, le 18 avril : « notre population compte pour 5 % de la population mondiale, a-t-il dit, ce qui signifie que 95 % de nos clients sont en dehors des États Unis ». Provocatrice sans doute, vaniteuse peut-être, cette phrase est certainement révélatrice de l’état d’esprit dans lequel les Américains abordent les négociations internationales. À l’heure où pourraient se boucler les négociations OMC, les Européens doivent être, eux aussi, sans état d’âme face à leurs concurrents : Américains, Brésiliens aujourd’hui, Chinois demain, Indiens après-demain.

Face aux futurs mastodontes comme la Chine par exemple, capable de produire plus de matières premières que nous, d’adopter nos savoir faire et même d’acheter nos entreprises de transformation, quels sont les atouts de l’Europe et des Français en particulier ? Pour l’essentiel le principal atout, si on le veut stable, réside dans les produits à identification régionale, dans les produits de terroir, en somme, qui associent une part de culture au produit alimentaire.

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Il est étonnant, dans ce contexte, que l’Union européenne n’ait pas réussi à mieux imposer la négociation sur les indications géographiques protégées (IGP) dans le cadre du cycle de Doha. Celui-ci va bientôt prendre fin, avec un succès ou un échec, mais jamais vraiment la discussion sur les IGP n’aura démarré. À voir l’allure à laquelle la Chine tente d’intégrer les savoir faire de pays occidentaux (elle vient d’adopter les règles de l’OIV pour la production de vin par exemple) il est pourtant urgent de définir les règles du jeu en matière de protection des appellations.