Il ne faut pas se faire d’illusion. L’Europe ne reviendra pas sur la régulation des marchés. Ceux qui croient ou font croire que l’Union pourra aller au-delà de quelques aides au stockage privé se trompent ou trompent les autres. Ni les Allemands ni les pays du Nord ou anglo-saxons en général ne veulent l’accepter ; pas de protection aux frontières non plus, ni subventions à l’exportation. Qu’on le regrette ou non, ce n’est pas la politique qui va être adaptée au maintien de structures agricoles traditionnelles mais les structures agricoles qui vont devoir s’adapter à l’absence de régulation. En ce sens, la décision gouvernementale d’alléger les charges sociales des exploitations est logique : faute d’obtenir des hausses de prix agricoles on allège les charges de production. Cela ne suffit évidemment pas. Pour le reste, ce sont les agriculteurs qui devront s’organiser eux-mêmes, pour peser plus lourd face à leurs clients, réduire leurs coûts et être capables de résister à des prix de vente plus serrés.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Il faut prendre la mesure du changement. Il touche l’agriculture comme il a touché d’autres secteurs en France. Le cas d’EDF, dont on s’aperçoit de la fragilité aujourd’hui, est similaire à celui des agriculteurs. Voilà deux secteurs à qui on demandait de produire peu cher pour le consommateur moyennant une certaine protection contre la concurrence. Pas de vérité des prix. Aujourd’hui, on les plonge dans la vérité des prix et des coûts. En leur demandant d’investir, l’un dans l’agroécologie, l’autre dans les lourdes dépenses de l’EPR ou dans les énergies renouvelables. L’adaptation est dure. Elle doit être soutenue, encouragée. Mais toute protection ou régulation hors marché ne ferait que retarder les échéances.