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Conserve/Cession Reitzel cède Charles Christ à… Charles Christ

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Le conserveur suisse Reitzel cède 70% de l’entreprise sarthoise Charles Christ à Charles Christ, arrière petit-fils du fondateur. Le repreneur entend mettre l’accent sur les légumes lacto-fermentés, le bio et le haut de gamme.

Le suisse Reitzel, qui réalise la moitié de son activité en France (Jardin d’Orante, Olï, etc.), a décidé de se séparer de sa branche plats cuisinés en conserve. Le 8 septembre, il a annoncé la cession de 70% du capital de la société Charles Christ pour un montant qui reste secret, expliquant que « le contexte de guerre des prix dans la distribution ne laisse pas entrevoir de retour à la croissance, ni des volumes, ni des marges (…). En 2015, le groupe Reitzel en France a réalisé 51,4 millions d’euros de chiffre d’affaires enregistrant une baisse de -2,1% avec un résultat d’à peine 1% ; inférieur aux objectifs, et surtout à ses besoins d’investissement qui ont été de 700 000 euros sur 2015 », selon le communiqué du groupe. Pour Emmanuel Bois, directeur général de Reitzel France, « Charles Christ était la meilleure personne pour reprendre l’entreprise car nous voulions un partenaire qui a un projet pour développer l’activité. » Des synergies, par exemple pour le transport, pourront être trouvées avec Reitzel, qui garde 30% du capital de Charles Christ.

Avec 83 salariés (et même une centaine chaque automne) et deux sites industriels à Connerré (Sarthe), Charles Christ est spécialisé dans les conserves : la choucroute, les légumes lacto-fermentés et les plats cuisinés. L’entreprise devrait réaliser un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros en 2016 (10,5 millions d’unités vendues) mais prévoit bien plus pour les années suivantes. « Nous voulons atteindre d’ici cinq ans les 25 millions d’euros de chiffre d’affaires », déclare Charles Christ, arrière-petit-fils du fondateur de l’entreprise centenaire. Pour y parvenir, le nouveau p.-d.g. table sur sa bonne connaissance de la grande distribution, où il a travaillé plusieurs années, et de l’entreprise. Celle-ci est toujours restée dans le giron familial et était conduite par Gérald Christ, le père de Charles, qui avait fait appel à Reitzel en 2011.

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Pour y parvenir à ses objectifs, le nouveau dirgeant a mis au point un plan de développement pourvu d’une première enveloppe de 400 000 à 600 000 euros d’investissement en 2017 dans du matériel pour améliorer la production en qualité et en quantité. « Nous allons mettre l’accent sur les points forts de l’entreprise qui sont sa maîtrise parfaite des légumes fermentés, le chou mais pas seulement, le bio et les plats cuisinés », souligne Charles Christ. 80% des ventes sont faites aujourd’hui avec les plats cuisinés, mais le p.-d.g. prévoit que cette proportion tombe à 60% en 2021, le solde se répartissant entre les légumes (marque Gillet Contres) et le bio (marque Nutriform).

Seul producteur de légumes lacto-fermentés en France, Charles Christ va profiter de ce segment en forte croissance en développant la gamme actuelle et en mettant en place une filière d’approvisionnement biologique locale pour passer de 440 tonnes de légumes en 2016 à 660 tonnes l’année prochaine. Une réflexion est menée pour produire des jus de légumes lacto-fermentés biologiques. Pour la choucroute, l’entreprise va élargir les formats pour mieux répondre aux attentes des clients professionnels et lancer de nouvelles recettes, notamment pour valoriser sa marque (40% des ventes de choucroute sont faites sous marque Charles Christ). Et pour les plats cuisinés, de nouvelles recettes, basées sur les cuisines du monde, vont être proposées afin de compléter les recettes traditionnelles.