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FranceAgriMer Rendements français record en maïs et des blés compétitifs à l’export

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Les rendements français en maïs grains ont dépassé le mur des 100q/ha en moyenne, un record, qui ne permet toutefois pas d’être compétitif vesr pays tiers. En revanche, le blé tendre de l’Hexagone, malgré une campagne moins dynamique qu’en 2010/2011, voit son rythme d’exportation toujours soutenu. C’est le constat fait par les représentants de FranceAgriMer à la suite du conseil spécialisé des céréales ayant eu lieu le 14 décembre.

«Les rendements en maïs grain en France atteignent en moyenne les 100,4q/ha, une première », a déclaré Xavier Rousselin, responsable de l’unité marché des grandes cultures chez FranceAgriMer, à la suite du conseil spécialisé des céréales le 14 décembre. La production française de maïs grain s’établirait ainsi à 15,386Mt pour 2011/2012, contre 13,823Mt il y a un an.

Des maïs français demandés sur l’Union européenne
La collecte française de maïs pourrait toucher les 13,435Mt et l’autoconsommation s’établir entre 1,9 et 2Mt. « Les utilisations intérieures de maïs progressent avec des prix équivalents à ceux du blé, incitant les usines d’amidonnerie à faire tourner à plein leurs capacités », a expliqué Xavier Rousselin. Les utilisations du maïs en alimentation animale sont relevées de 100 000t par rapport au mois dernier à 3,5Mt, au détriment du blé qui voit ses utilisations baisser de 100 000t à 5,1Mt. De leur côté, les expéditions de maïs français vers l’Union européenne (UE) progressent à 6,02Mt, contre 5,785Mt le mois dernier. Selon Xavier Rousselin, ceci est lié aux basses eaux sur le Danube, observées fin novembre, freinant les expéditions de maïs depuis l’Europe centrale vers l’UE. Aujourd’hui, le manque d’approvisionnement depuis l’Europe centrale serait plutôt lié à une rétention de la part des opérateurs qui attendent des prix plus élevés en 2012. En revanche, les expéditions vers pays tiers sont en baisse, passant de 0,7Mt le mois dernier à 0,6Mt ce mois ci. Pour Xavier Rousselin, la concurrence de l’Ukraine, où la production de maïs a été abondante et les cours 20 à 30€ moins chers qu’en France, explique cette baisse des débouchés vers pays tiers. D’autres pays concurrencent les origines françaises sur le maïs, à savoir la Roumanie, la Bulgarie et la Hongrie. Le stock de report français de maïs s’établirait ainsi à 1,866Mt, « ce qui est très faible », a souligné Xavier Rousselin.

Des blés français compétitifs à l’approche de l’hiver
Concernant le blé tendre, FranceAgriMer estime ce mois-ci que la collecte est en hausse à 30,523Mt, contre 30,322Mt le mois dernier. Les exportations sont relativement stables, maintenues à 8,6Mt vers pays tiers et revues en légère hausse vers l’UE à 6,485Mt contre 6,450Mt le mois dernier. Selon Xavier Rousselin, lors du conseil spécialisé des céréales un consensus a été trouvé sur le fait que 5Mt de blé tendre français soient déjà expédiées vers pays tiers à la fin de la première semaine du mois de décembre. Après une campagne d’exportation ayant commencé fort, le rythme devrait ralentir dans les prochains mois compte tenu de la limite des disponibilités. Pourtant les origines françaises sont aujourd’hui assez compétitives vers des destinations comme l’Egypte. La France a d’ailleurs remporté récemment un appel d’offre pour 60 000t de blé sur cette destination, a indiqué Xavier Rousselin. Selon lui, aujourd’hui les prix du blé vers l’Egypte sont équivalents, à 140€/t environ à l’arrivée, entre l’Argentine, la Russie et l’UE.

Les origines russes pourraient être pénalisées par l’hiver
Côté russe, Xavier Rousselin a indiqué que 9Mt de blé auraient déjà été exportées et qu’à ce rythme cela ne pourra pas durer. En effet, pour continuer à exporter, la Russie va devoir allez chercher les blés dans l’Oural ou la Sibérie ce qui renchérira les prix et amoindrira la compétitivité des origines russes. De plus, l’hiver arrivant, la logistique russe pourrait être fortement ralentie, ne permettant pas au pays de répondre à l’ensemble des demandes pendant cette période. Enfin concernant la récolte de blé australienne, Xavier Rousselin a indiqué qu’elle devrait être record. Cependant, des pluies en fin de cycle pourraient pénaliser les qualités et dégrader une partie de la production en fourrager. Ainsi, l’Australie pourrait exporter d’avantage de blé fourrager vers la Chine et Taïwan, ce qui pourrait détendre le bilan mondial du maïs, et éviter que le pays prenne trop de place sur le marché du blé panifiable. Cependant, les blés blancs australiens (soft white), du fait de leurs hauts rendements en farine, pourraient intéresser l’Egypte en dépit de leur aptitude moyenne à la panification.

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