Les analyses du commerce extérieur de grains ou de viande sont claires : les marchés les plus dynamiques pour nos exportations ont été ceux de l’Afrique du Nord ou du Moyen Orient. On s’en rend compte au moment même où les populations de ces pays font éclater les vieux cadres, tentent de renverser des régimes autocratiques vieillissants. La crise du pain avait déclenché les émeutes de la faim. Aujourd’hui ce sont des aspirations de liberté, de démocratie, de mode de vie moderne que ces populations, majoritairement composées de moins de trente ans, exigent en plus de l’alimentation. Cela représente pour demain des marchés considérables, des consommateurs de viande et de céréales à exporter depuis l’Europe. Cela représente aussi un besoin infini de savoir-faire en matière agronomique. Car il ne faut jamais oublier qu’un marché d’exportation durable est aussi un marché où on vend de la matière grise, des techniques de production. Même si à court terme on a l’impression de leur donner des moyens de se passer de nos produits. Fausse idée ! En décidant le plan Marshall pour l’Europe, après guerre, les Américains se sont ouvert le plus grand marché de tous les temps. Car celui qui adopte les technologies d’un fournisseur reste à jamais lié à celui-ci, à ses produits et services, à ses standards de vie et de production.
Voilà pourquoi, dès que les situations se seront quelque peu stabilisées, les Français ont intérêt à envoyer une foultitude de missions pour explorer les besoins des pays. Cessons de voir l’avenir de l’Afrique du Nord et du Moyen Orient dessiné par des intégristes ombrageux refermant les pays sur eux-mêmes. Ce qui s’y passe actuellement permet bien des espoirs. A condition qu’on leur donne un coup de main.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.