La moitié des industriels privés n’ont pas encore obtenu de hausses de tarifs de la part de leurs fournisseurs. La flambée des prix de l’énergie et la sécheresse assombrissent encore les perspectives.
« Le chemin est encore long », résume la directrice juridique de l’Ania (industries alimentaires) Marie Buisson. Selon un sondage réalisé auprès des adhérents de l’association, 45 % des entreprises n’ont pas terminé l’ensemble de leurs renégociations et 25 % ont signé moins d’un quart de leurs accords. « En attendant, l’industrie alimentaire fait tampon », souligne-t-elle. Les fournisseurs avaient besoin de renégocier leurs tarifs de 8,5 % en moyenne. « Nous pensons que les entreprises arriveront à répercuter la moitié des hausses. » Si les signatures ont été plus rapides avec les PME, ces dernières ont obtenu des hausses de tarifs moins élevées en moyenne que les marques nationales, qui peuvent compter sur une trésorerie plus importante pour compenser l’inflation des charges. Les augmentations de tarifs obtenues ces derniers mois s’établissent entre 3 et 4 %, rapporte le président de la Coopération agricole Dominique Chargé. Insuffisant, selon lui, pour couvrir la hausse des charges, qu’il estime entre 10 % et 15 % en fonction des entreprises. D’autant que « la moitié des hausses passées ne seront mises en application que dans deux ou quatre mois ». Autrement dit, au moment de la réouverture des négociations commerciales annuelles, début novembre.
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Les factures d’énergie explosent
En restauration collective, les hausses de tarifs consenties par les collectivités sont en moyenne de 4 %, selon le syndicat des professionnels du secteur, le SNRC. En deçà des demandes de revalorisation des prestations fournies, qui tournent autour de 7 %. En cette rentrée, les charges des entreprises alimentaires continuent d’augmenter. Source d’inquiétude principale : les prix de l’énergie. « Depuis quelques jours, les factures d’énergie flambent. Pour certaines entreprises, elles ont quintuplé ! », insiste Marie Buisson. Alors que les industriels renégocient en ce moment leurs contrats avec leurs fournisseurs d’énergie, le ministère de l’Économie a annoncé, le 30 août, la prolongation du fonds de soutien aux entreprises fortement consommatrices de gaz et d’électricité jusqu’à fin décembre. Autre source d’inquiétude : la sécheresse. Le renchérissement du prix des fourrages pourrait conduire à de nouvelles renégociations en septembre dans les filières animales, signale Dominique Chargé. Il alerte même sur un risque de rupture d’approvisionnement « à l’hiver et au printemps prochain », alors que les trésoreries des coopératives connaissent de « très fortes tensions ». Conséquence directe des renégociations successives : l’inflation du prix des produits alimentaires dans les rayons des supermarchés et des supermarchés a atteint 8,3 % en août sur un an, selon les dernières estimations du panéliste IRI. Les viandes surgelées sont les produits qui ont le plus augmenté (28,7 %), suivies des viandes hachées (21,8 %) et des pâtes alimentaires (19,8 %).