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ESB Renforcement de la surveillance au Canada et débat sur l’étiquetage aux Etats-Unis

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La découverte du premier cas de vache folle aux Etats-Unis sur une vache d’origine canadienne (1) a relancé le débat sur la surveillance et la traçabilité des bovins en Amérique du Nord. La FAO, pour sa part, monte au créneau pour rappeler «aux pays la nécessité de renforcer les mesures de contrôle de l’ESB». Selon elle, beaucoup de pays n’appliquent pas correctement les mesures permettant de garantir une viande saine aux consommateurs.Aucun pays n'est toutefois nommément cité.

La mise en place d'un étiquetage permettant de tracer un animal de sa naissance aux rayons des boucheries suscite un vif débat aux Etats-Unis. Le chef de la minorité démocrate au Sénat américain, Tom Daschle, vient de demander au ministère de l'agriculture de mettre en place «immédiatement» le programme d'étiquetage national adopté en 2002, mais dont le financement a été pour l'instant bloqué au Congrès, en raison de son coût. Cette proposition a été jugée «inadéquate» et «alarmiste» par Patrick Boyle, le président de l'American Meat Institute. Un étiquetage obligatoire coûterait, selon lui, 3,9 milliards de dollars «rien que pour la première année» et pèserait lourdement sur les acteurs de la filière bovine. L’introduction d’un système national obligatoire de traçabilité de la viande est également soutenu par les associations de consommateurs. Selon Carol Tucker Foreman de la Consumer Federation of America, «un système volontaire n’est pas suffisant».

Dans l’immédiat, les autorités américaines cherchent à débusquer les 81 bovins importés du Canada en même temps que la vache infectée. Neuf d’entre eux seraient toujours présents dans l’exploitation laitière de l’Etat de Washington où a été découvert le cas de vache folle. Mais, par précaution,130 animaux de l’exploitation vont être abattus. Le ministère américain avait déjà fait procéder à la destruction de 450 veaux dont l’un d’entre eux était supposé être un descendant de la vache atteinte d’ESB. Cet abattage avait été considéré comme la solution la plus rapide et la plus sûre pour éviter que ce veau ne se retrouve dans la chaîne alimentaire.

De plus, les autorités sanitaires ont repéré une vache laitière, faisant partie des 81 bovins canadiens, sur une exploitation laitière à Quincy dans l’Etat de Washington. Sept bêtes présentes sur cette exploitation sont également soupçonnées d’avoir la même origine. Enfin, trois vaches faisant partie de la cohorte recherchée se trouveraient dans une exploitation à Mattawa dans l’Etat de Washington.

Le Canada va accroître la surveillance de ses bovins

Le Canada a décidé d’accroître les programmes de surveillance et de traçabilité des bovins, pour mieux dépister les possibles cas d’ESB. Le gouvernement va débloquer 72 millions de dollars américains au cours des cinq prochaines années. Des tests de la société suisse Prionics seront pratiqués en 2004 sur quelque 8 000 bêtes contre 3 000 en 2003.

L'objectif est de faire passer le nombre de tests à 30 000 par an. Les tests seront ciblés sur les bovins les plus âgés, les animaux présentant des signes cliniques graves et ceux morts à la ferme.

En marge du sommet des Amériques de Monterrey au Mexique, le président des Etats-Unis, George W. Bush a demandé au nouveau premier ministre canadien M. Martin «une étroite coordination entre les deux pays basée sur la régulation, l’information et la science afin d’assurer aux consommateurs que les produits alimentaires soient sûrs ».

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Bœuf américain : Tokyo estime «souhaitable» une levée prochaine de l’embargo

Des pourparlers vont avoir lieu prochainement au Japon pour discuter de la possible reprise du commerce bovin avec les Etats-Unis, a précisé le ministre japonais de l’agriculture, Yozshiyuki. Celui-ci a estimé le 15 janvier, au cours d’une conversation téléphonique avec son homologue américaine Ann Veneman, qu’une levée prochaine de l’embargo sur le boeuf américain était «souhaitable». Toutefois, le gouvernement japonais a déclaré «vouloir attendre les conclusions du rapport» d’une commission d’enquête qui s’est rendue aux Etats-Unis avant de prendre une décision.

Par ailleurs, les ministres de l’agriculture japonais et canadien ont convenu d’engager des experts scientifiques pour traiter du dossier de la vache folle, soulignant néanmoins qu’il était encore trop tôt pour lever l’embargo nippon sur le boeuf d’origine canadienne.

Les recommandations de la FAO

Pour l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), «aucun pays ne peut se déclarer exempt de l'ESB, à moins que cette déclaration n'ait été validée par des méthodes d'inspection internationalement reconnues». L'organisation appelle les gouvernements et les industries à mener une évaluation du risque, à maintenir les animaux et matériels à risque hors de la chaîne alimentaire et à appliquer rigoureusement une série de mesures de prévention.

Parmi celles-ci, la FAO juge notamment particulièrement important de bannir les farines de viandes et d'os de l'alimentation du bétail, tout au moins de celle des ruminants; d'éviter rigoureusement la contamination croisée dans les farines alimentaires; de détruire les matériels à risque spécifié : cervelle, moelle épinière, etc.) du bétail de plus de 30 mois; d'appliquer des mesures de surveillance actives au sein du cheptel, une identification précise des animaux et la traçabilité tout au long de la production, de la transformation et de la commercialisation;

Avec la mise en place de ces mesures de contrôle, en particulier l'interdiction des farines animales et l'élimination des MRS, le risque de présence de matériel infecté par l'ESB dans la chaîne alimentaire devient extrêmement faible, estime la FAO.