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Renouveau de l’oléiculture dans les Pyrénées-Orientales

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Entre les conséquences de la sécheresse sur l’agriculture roussillonnaise et l’arrachage des vignes en cours, l’oléiculture est une nouvelle voie de diversification dans le département.

Avec 14 % du vignoble des Pyrénées-Orientales qui va disparaître (plus de 2 600 ha de vignes au total), à la suite du plan d’arrachage de l’État, la crise viticole, les impacts de la sécheresse sur l’agriculture du département depuis ces quatre dernières années, mais aussi la flambée des prix de l’huile d’olive en Espagne, l’oléiculture revient sur le devant de la scène en tant que piste de diversification. La culture connaît une nouvelle dynamique depuis trois ans auprès des agriculteurs roussillonnais.

Aux 645 ha d’oliviers en 2023, sont venus s’ajouter depuis 130 ha. « On devrait arriver à 200 ha d’ici deux ans de plantations en haies fruitières, et à une dizaine d’hectares supplémentaires en oliveraies traditionnelles », commente Éric Hostalnou, chef du service fruits et légumes à la chambre d’agriculture des Pyrénées-Orientales. En termes de débouchés, si l’huile d’olive en méthode traditionnelle reste dédiée aux circuits courts, et pourrait connaître un nouvel essor avec la reconnaissance d’une AOP huile d’olive Roussillon (dossier en cours, ndlr), celle produite en haies fruitières pourrait trouver preneur dans la grande distribution comme huile d’olive française.

Ces débouchés existent au regard de la consommation d’huile d’olive dans ce département, soit 1 600 t par an pour un plus de 400 000 habitants. « La moyenne de production sur place étant autour de 140 t, il manque donc de l’huile d’olive dans les Pyrénées-Orientales, mais attention au mirage de la vente directe », prévient toutefois Olivier Nasles, membre du bureau de France Olive. Dans tous les cas, « c’est un pari plus sûr que la pistache », ajoute Denis Basserie, élu de la chambre d’agriculture.

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Des raisons d’y croire

Pour accompagner au mieux cette nouvelle dynamique de la filière en Roussillon, sa structuration s’impose. Compte tenu du contexte actuel, « la filière se doit d’être résiliente, dynamique et segmentée », insiste Éric Hostalnou. En matière de résilience, l’olivier est dans tous les cas particulièrement adapté dans le département. « Quand on se balade, on voit des oliviers sauvages partout, et les essais menés sur huit variétés à Rivesaltes sont prometteurs », indique Denis Basserie.

Deux dossiers ont déjà été déposés pour développer cette filière, le premier en novembre 2024, et labellisé en décembre, dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt pour les aires agricoles de résilience climatique, et le deuxième, nommé ‘Oli’, dans le cadre dans le cadre de la structuration des filières PAM. Les actions prévues sont les suivantes : professionnalisation et montée en compétences au verger et au moulin ; obtention d’une AOP huile d’olive du Roussillon ; structuration de la filière oléicole ; plan de communication ; et soutien à l’investissement matériel, le tout pour un budget total de 3,5 M€.