Les producteurs de légumes ou de fruits qui n’en finissent pas avec leurs méventes, les producteurs de lait qui sortent de plusieurs mois de conflits sur le prix qui leur est payé, ceux de blé qui se demandent si leur récolte record trouvera place sur les marchés exports, les viticulteurs, qui s’inquiètent déjà de savoir comment loger puis vendre leur prochaine vendange, sans oublier les planteurs de betteraves qui voyaient venir, non sans crainte, une réforme européenne qu’un panel de l’OMC vient de rendre de toute façon obsolète… c’est à une rentrée bourrée d’interrogations et d’expectatives que l’on assiste.
De fait, avant même que la réforme de la Pac n’entre en œuvre, on a l’impression que les marchés, leur gestion et leur orientation, sont laissés à eux-mêmes. Quitte ensuite à ce que quelques pansements publics viennent calmer tant bien que mal les effets des crises. Ce n’est sans doute pas innocent si le conseil européen informel de Noordwijk et Lisse, aux Pays-Bas, a jugé bon de donner plus de place aux acteurs privés pour gérer les secteurs agricole et alimentaire de l’UE. La privatisation de la politique agricole de l’Europe est en marche.
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Dans ce contexte plutôt déstabilisant, le monde paysan est à la recherche d’un modèle, ou tout au moins d’un projet dont il se sent frustré aujourd’hui. Plutôt discret sur ce point, Hervé Gaymard se réserve peut-être pour la loi de modernisation agricole de 2005, à moins qu’il n’hérite d’un autre portefeuille ministériel d’ici-là. En attendant, Nicolas Sarkozy profitera sans doute de cette brèche pour décrire, à l’occasion de sa visite au Space, comment il voit l’agriculture demain. Ses ambitions ne lui imposent-elles pas de se constituer une audience et un réseau agricoles qui lui manquent aujourd’hui ?