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Marchés agricoles Repli des cours céréaliers sur une campagne française en retard

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Depuis le début du mois de septembre, les cours des grandes cultures se sont légèrement détendus. Différents facteurs expliquent cette baisse, entre retrait des fonds, amélioration des conditions climatiques et la fin des doutes sur les disponibilités céréalières de l’hémisphère nord. Pourtant, le prix du panier moyen des produits agricoles continue à progresser selon la FAO (Food and Agriculture Organization), mais il est désormais davantage soutenu par les cours des viandes et du lait.

«On est passés d’un marché de l’offre, plus facile à commenter, à un marché de la demande, plus difficile à appréhender car on ne sait pas jusqu’à quel prix sont prêts à aller les clients », explique Pierre Dupeyroux, analyste chez Horizon Soft Commodities. Cependant, quelques éléments permettent de comprendre la récente baisse des cours des céréales et des oléagineux.

Des ventes importantes de soja aux Etats-Unis

« L’arrivée des récoltes de soja aux Etats-Unis, avec des cours plus élevés à court terme, fait baisser les stocks aux États-Unis qui n’ont jamais autant vendu que ces dernières semaines », indique Pierre Dupeyroux. L’afflux de soja sur les marchés, dont les récoltes sont meilleures que prévu aux États-Unis, et d’importantes disponibilités en huile de palme dans le monde, ont fait baisser les cours des oléagineux, et la sortie massive des fonds non commerciaux, ou spéculatifs, des marchés à terme agricoles a amplifié le mouvement. « L’étincelle baissière a été la sortie des fonds non commerciaux en position longue des marchés à terme agricoles, qui n’y entraient plus compte tenu des prix élevés et des récoltes qui tardaient à venir », souligne Pierre Dupeyroux. Ainsi, selon lui, sur le marché à terme de Chicago, les positions longues détenues par les fonds « non commerciaux » sur le soja sont passées de 208 234 contrats le 4 septembre, date de l’arrêt de la hausse sur les marchés, à 168 581 au 26 septembre, soit une baisse de près d’un quart des positions. Il indique cependant que, depuis, les fonds commerciaux, ou « hedgers », couvrant une activité physique commerciale sur les marchés à terme, sont rentrés sur les marchés mais de façon beaucoup moins massive. Si, selon lui, les cours des matières premières agricoles peuvent encore rebondir, les difficultés liées à la crise économique mondiale maintiennent une pression baissière sur les cours.

Maïs et blé voient leur demande pénalisée selon les origines

Du côté du maïs, si la récolte américaine est moindre que prévu, elle est très en avance cette année et fait face à des exportations en suspens. Ceci est notamment lié à une réduction drastique des prévisions d’importations chinoises de maïs. De plus, des récoltes correctes au Brésil et en Ukraine ont aussi tendance à détendre les cours. Au niveau du marché français, le retard des récoltes, et du démarrage de la campagne d’exportation, notamment en blé, a aussi eu tendance à peser sur les cours. Pourtant, cette semaine, un appel d’offres égyptien s’est orienté majoritairement sur des blés français et a fait remonter les cours. En début de campagne, les pays importateurs se sont rués sur les origines mer Noire, craignant un manque disponibilités à l’export sur la zone. Si, au début, les analystes tablaient sur un arrêt des exportations de la mer Noire vers le mois d’octobre, il est désormais question d’une présence plus longue de ces origines sur les marchés, peut-être jusqu’en décembre. Enfin, si l’agence des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) a constaté une hausse des prix de 1,4% des prix alimentaires en septembre, elle est principalement causée par une hausse de la viande (+2,1%) et des produits laitiers (+7%). Elle indique, par ailleurs, que les cours des céréales n’ont progressé que de 1% sur la période, en raison d’un recul des cours du maïs. Mais la hausse des produits issus des élevages pourrait être une conséquence directe de la progression estivale des céréales ayant poussé les éleveurs à rationner leur demande, voire même à décapitaliser. De fait, une disponibilité moindre en produits animaux sur le marché laisse espérer une hausse des cours dans les prochains mois.

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