L’excédent des échanges agricoles et agroalimentaires français s’est élevé à 387 millions d’euros (M€) en mai, en repli de 32 M€ par rapport à mai 2015, indique Agreste dans sa note de conjoncture de juillet sur le commerce extérieur. À l’origine de ce repli : davantage d’importations, notamment de produits transformés. Cette tendance est celle qui prédomine depuis cinq mois.
L’excédent des produits agricoles bruts a diminué de 11 millions d’euros (M€) par rapport au mois de mai de l’an dernier, du fait de la hausse des importations de fruits, selon Agreste. De même, l’excédent des produits transformés a reculé de 21 M€ par rapport à mai 2015 en raison de la réduction des exportations de boissons alcoolisées distillées et de la hausse des importations de produits de seconde transformation., selon Agreste
Importations de fruits, confiseries et tabac ont plombé le résultat
En produits agricoles bruts, les exportations (un peu plus de 1,3 milliard d’euros, Mrd€) ont augmenté de 118 M€ par rapport à mai de l’année dernière, un peu (+10 M€) grâce aux céréales, notamment le blé vers le Maroc, mais surtout (+45 M€) grâce au colza. Les exportations de pommes de terre, choux-fleurs, brocolis et asperges se sont accrues également « nettement en mai ». Mais les importations (un peu plus de 1,2 Mrd€) ont augmenté de 129 M€, en particulier, les achats de fruits (+ 52 M€) : citrons, oranges et de fraises en provenance d’Espagne. En produits transformés, les exportations ont progressé de 174 M€, les ventes de vin se redressant (+ 35 M€) parallèlement à la demande des États-Unis en vins français, même si les exportations de cognac ont fléchi (-19 M€) vers les États-Unis et vers la Chine. Mais les importations ont augmenté de 196 M€ : préparations à base de poissons et de fruits et légumes, chocolat et confiseries (+ 38 M€). Enfin, le déficit du solde du tabac (de 135 M€), s’est creusé en raison d’un surcroît d’importations de 22 M€ par rapport à mai 2015.
Résultat sur l’UE en mai : zéro
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Par zones, le commerce extérieur s’est dégradé surtout dans les échanges avec l’UE : il est tombé à zéro pour ce mois de mai. En mai 2015 il se tenait encore à 20 M€. Le résultat de mai confirme une tendance visible sur les cinq premiers mois de l’année : une détérioration à la fois sur les produits élaborés et dans les échanges avec l’UE. « Le solde des échanges avec l’UE est juste à l’équilibre, après avoir été longtemps excédentaire », souligne Agreste. Sur les cinq premiers mois, l’excédent agricole et agroalimentaire global (UE + pays tiers) s’est détérioré de près de 700 M€ par rapport aux cinq premiers mois de 2015. Le retrait est prononcé sur l’UE : 701 M€ d’excédent, contre 1 216 sur les cinq premiers mois de l’an dernier, la chute frappant notamment les produits manufacturés.
Croissance ralentie de la production des IAA au 1er trimestre, selon Agreste
La croissance de la production des industries agroalimentaires (IAA) s’est poursuivie sur un an, au premier trimestre, mais à un rythme un peu plus faible que lors des quatre trimestres précédents, indique la note de conjoncture d’Agreste sur les IAA, publiée en ligne le 19 juillet. Rien de préoccupant pour le moment : l’indice est passé de 103 au quatrième trimestre de 2015 à 102,3 au premier trimestre de cette année. L’indice était à 114,8 au premier trimestre de 2004. Son plus bas niveau a été le premier trimestre de 2009, peu après la crise économique mondiale de 2008, à 95,1.
Sur le premier trimestre de cette année, seuls les produits alimentaires ont contribué à cet accroissement plus lent, les fabrications de boissons étant en repli pour le deuxième trimestre consécutif. Par filières, sont en augmentation de production l’industrie des viandes et celle du lait. En recul, la production de la boulangerie-pâtisserie et pâtes alimentaires (- 2,6 %), aliments du bétail (4,4 %) et surtout trituration oléagineuse (-5 %), notamment de tournesol. Cette même note de conjoncture mentionne une consommation de produits agroalimentaires « particulièrement dynamique », évoquant ainsi un lien entre le sujet de la production et celui des moins bons résultats du commerce extérieur.