À peine nommé à la tête d’Auchan Retail, Yves Claude, l’ancien patron de Décathlon a annoncé prendre la présidence exécutive d’Auchan France. Il a nommé à ses côtés Philippe Brochard en qualité de directeur général. Une valse des dirigeants ces derniers mois que les syndicats accueillent avec circonspection.
Quelques semaines après la nomination d’Yves Claude, l’ancien patron de Décathlon (également dans la galaxie Mulliez), à la tête d’Auchan Retail, le groupe a annoncé le 1er décembre que ce dernier prenait aussi en charge la présidence exécutive d’Auchan France (Agra Alimentation du 24 novembre 2021). La nouvelle gouvernance annoncée en début d’année autour du trio formé par Francis Cordelette, Alexandre Mulliez et Jean-Denis Deweine a donc fait long feu. Le premier est parti en octobre « pour convenance personnelle », a annoncé Auchan, le poste de vice-président, occupé par le petit-fils de Gérard Mulliez a été supprimé et Jean-Denis Deweine, directeur général a été remplacé par Philippe Brochard (41 ans) fraîchement nommé par Yves Claude. Philippe Brochard (41 ans) était auparavant président d’Auchan Retail Russie « dont il a assuré le retournement commercial », souligne le communiqué. Dans l’entourage de l’Association familiale Mulliez, on confirme que « le choix s’est imposé de nommer Yves Claude, compte tenu de son parcours, de ses expériences en France et à l’étranger et des résultats très positifs qu’il a toujours obtenus »,, rapporte l’AFP.
Les syndicats expriment leurs craintes
Une valse des dirigeants qui est vue d’un assez mauvais œil au sein des salariés, déjà échaudés par les difficultés que rencontre l’enseigne depuis plusieurs mois maintenant sans qu’aucun plan de reprise, ni dirigeant ne réussissent vraiment à changer la donne. « Ça donne l’impression qu’il y a une sorte de déshérence managériale, qui est redoutable. Il se peut que les grandes orientations changent à nouveau », a ainsi regretté Guy Laplatine, délégué syndical central du groupe CFDT Auchan Retail. « Cette instabilité managériale que nous subissons depuis 2016 se poursuit et nous tombons un peu des nues », enchaîne Bruno Delaye, délégué syndical du groupe CFTC Auchan Retail. Et même si un porte-parole d’Auchan rappelle que la suppression du poste assuré par Alexandre Mulliez s’inscrit dans « un mode de fonctionnement normal dans la gouvernance telle qu’elle a été gérée par la famille », la décision pose question. « On est un petit peu interloqués » par le départ du petit-fils de Gérard Mulliez, a souligné le délégué CFTC. « Est-ce que ça veut dire que le clan Gérard n’a plus la main dans l’entreprise ? La question va se poser très rapidement ». Ce à quoi l’entourage des Mulliez répond : « Personne n’est écarté de la gouvernance ».
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Un rapprochement entre Auchan et Carrefour avait été évoqué dernièrement, avant que le groupe dirigé par Alexandre Bompard ne jette l’éponge. Au premier semestre, du fait de la fermeture des centres commerciaux pendant plusieurs semaines dans l’Hexagone, qui représente la moitié du chiffre d’affaires d’Auchan, ses ventes ont baissé de 2,5 % à 7,824 milliards d’euros. Souhaitant capitaliser sur la dynamique et les projets portés à cette occasion (avec l’ancien trio de tête, ndlr), Auchan a décidé de définir, en France, une nouvelle stratégie qui permette d’agir véritablement sur ce que doit être son métier dans les soixante ans à venir », explique le groupe dans son communiqué.