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Viande/Crise Reprise en main de la direction de Spanghero

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Caroline Leboucher, directrice de cabinet de Guillaume Garot, est attendue ce jeudi 28 mars à Carcassone, à la préfecture de l’Aude, pour évoquer l’avenir de la société Spanghero, durement éprouvée par les révélations sur des fraudes touchant de la viande de cheval, mais aussi de mouton. Elle rencontrera les élus locaux mais également les dirigeants du groupe (Lur Berri et Spanghero) qui a annoncé un certain nombre de changements dans ses instances de direction, et les organisations représentatives des salariés. Le ministère suit en effet de très près cette affaire qui pourrait avoir de lourdes conséquences pour l’emploi si la société ne retrouve pas la confiance de ses clients. Elle emploie plus de 300 personnes. Selon les premières estimations, la société aurait perdu 4 millions d'euros depuis le début de la crise, sur un chiffre d'affaires de 60 millions d'euros.

Le scandale de la viande de cheval, qui avait mis sous les projecteurs la société Spanghero, filiale à 99% de la coopérative Lur Berri avait fortement indisposé les instances dirigeantes de Coop de France et les agriculteurs membres de cette coopérative basque, maison-mère également de Labeyrie et d’Arcadie Sud Ouest, dont elle est actionnaire majoritaire avec 46% des parts. Le p.-d.g. de cette dernière, leader régional de la distribution de viandes, a démissionné le 20 mars dernier tout en restant administrateur et président de Spanghero et vice-président de Lur Berri. Il a été remplacé à la présidence d'Arcadie Sud-Ouest par Sauveur Urrutiaguer, lui-même président de Lur Berri. Cette situation pourrait encore évoluer, car un nouveau mouvement, intervenu en fin de semaine dernière, témoigne d’une véritable reprise en main de la gouvernance qui se met en place chez Spanghero.

Départ de Jacques Poujol

Le 22 mars, les dirigeants au grand complet de Lur Berri, Sauveur Urrutiaguer et Olivier Gémin, directeur général, étaient à Castelnaudary pour un comité d'entreprise chez Spanghero. Ils ont confirmé la décision d'écarter Jacques Poujol « suites aux récents événements, à la demande des actionnaires ». Intervenant officiellement comme consultant, il agissait en fait comme directeur de l’entreprise depuis le début de 2011. Tout au long des deux affaires qui ont éclaboussé la société, de la viande de cheval vendue pour du bœuf puis des 57 tonnes de viande de mouton britannique prohibée découvertes par la DGCCRF, il était resté fort discret, laissant la parole à son président Barthélémy Aguerre, qui n’était pourtant pas en charge des opérations. Il était cependant en charge de la direction opérationnelle, ayant longtemps dirigé sa propre société d’abattage dans le Sud-Ouest, Poujol SA, revendue en 2011 à Arcadie Sud-Ouest, alors qu’elle connaissait des difficultés. Certains syndicats, tout comme des agriculteurs membres de la coopérative s’étonnaient d’ailleurs depuis plusieurs mois de voir la direction de fait assurée par quelqu’un qui n’est pas dans l’organigramme de l’entreprise, mais seulement consultant. Cette mise à l’écart donne satisfaction au syndicat CFDT qui demandait une telle mesure « à titre conservatoire » depuis le début de l’affaire.

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