Les premiers résultats de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) sur les effets « cocktail » des résidus de produits phytosanitaires se veulent rassurants. Les deux premières études pilotes publiées le 29 avril sur les effets chroniques pour le système thyroïdien et les effets aigus sur le système nerveux concluent que, « à des degrés divers de certitude, le risque pour les consommateurs résultant d’une exposition alimentaire cumulative aux résidus de pesticides est inférieur au seuil qui déclenche une action réglementaire pour tous les groupes de population couverts ». En d’autres termes, les gestionnaires des risques – la Commission européenne et les États membres – ne devraient donc pas réviser les niveaux de résidus de pesticides autorisés dans les aliments.
Des évaluations couvrant les effets des pesticides sur d’autres organes et d’autres fonctions du corps suivront dans les années à venir.
Le règlement européen concernant les limites maximales applicables (LMR) aux résidus de pesticides exige que les effets cumulatifs et synergiques des pesticides soient pris en compte dans l’évaluation de la sécurité, et celui relatif à l’autorisation de mise sur le marché des pesticides dans l’UE stipule, quant à lui, que les pesticides ne doivent avoir aucun effet nocif – y compris des effets cumulatifs – sur l’homme. Et comme le montre notamment le dernier rapport annuel de l’Efsa sur les résidus de pesticides, une augmentation de la présence de résidus multiples dans les produits alimentaires est observée (1).
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D’autres études en cours
Les évaluations sont basées sur des groupes d’évaluation cumulative établis par l’Efsa qui rassemblent des pesticides sur la base d’effets toxicologiques communs. Pour chacun des quatre effets pris en compte des évaluations pilotes ont été lancées. Dans les cas des effets sur la thyroïde les études comprenaient respectivement 124 et 18 substances actives et pour le système nerveux respectivement 100 et 47 substances. Les conclusions sont fondées sur les données collectées par les États membres de l’UE dans le cadre de la surveillance officielle des résidus de pesticides dans les aliments en 2014, 2015 et 2016, en les combinant aux données sur la consommation alimentaire de dix groupes d’individus variés (selon des zones géographiques et des tranches d’âge différentes).
(1) Voir n° 3737 du 13/04/2020