Il fallait sans doute s’attendre à une fronde ou un geste de mécontentement des congressistes de la FNSEA qui recevaient, le 1er avril, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll. Les relations entre le syndicat majoritaire de l’agriculture et le ministre ne sont pas bonnes et le contexte de crise provoque une tension forte. Mais était-il nécessaire de lancer de telles huées à la face du ministre, de faire en sorte de rendre inaudibles ses propos, de lui tourner le dos, ostensiblement, dans une attitude de mépris ?

Devant ce chahut, Stéphane Le Foll a eu le courage d’aller jusqu’au bout de ses propos, dans un discours plutôt ouvert, scandé par des : « Vous m’avez demandé... », et y répondant. Il a même terminé par une pointe d’humour.

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Xavier Beulin et son entourage, sur l’estrade, sont restés impassibles. Pouvaient-ils faire autrement, sous peine d’être pris pour cible à leur tour ? Eux qui sont parfois pris à partie par des militants. D’ailleurs, Xavier Beulin l’avait dit à Stéphane Le Foll : « J’ai le sentiment d’avoir, parfois, reçu des coups qui vous étaient destinés ». D’aucuns ont noté le geste de Christiane Lambert, en signe d'empathie, apportant un verre d’eau au ministre qui s'égosillait.

Sans doute, chacun a joué son rôle : Stéphane Le Foll discourant malgré tout, les dirigeants syndicalistes laissant la base se défouler et cette base s’exprimant. Mais ce défoulement était excessif. On n’invite pas une personnalité en voulant lui clouer le bec ou faire le sourd. Il aurait fallu savoir s’arrêter. Afficher un minimum de respect. Il n’y en a pas eu. Ce 1er avril n’a pas été à l’honneur des agriculteurs.