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Réformes de la Pac Respecter les objectifs de la Stratégie de Lisbonne en premier lieu

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Il est « crucial » que la Commission de Bruxelles assure une « meilleure cohérence » entre la Pac et les objectifs de la stratégie pour le renouveau économique, social et environnemental lancée en mars 2002 à Lisbonne par les chefs d’État et de gouvernement de l’UE, estime Mariann Fischer Boel, la commissaire à l’agriculture. Pour répondre à cet impératif, la Pac, y compris ses prochaines réformes (sucre, vin, fruits et légumes), doit être « axée sur le marché » et la politique de développement rural « axée sur la croissance », y compris celle des activités non agricoles dans les zones concernées, affirme-t-elle dans une note adressée au président du collège européen, José Manuel Barroso.

« Le financement annuel de 13 milliards d’euros pour le développement rural fourni par le budget communautaire – s’il est utilisé comme il se doit – pourrait être une contribution intéressante de la Commission à la promotion de la croissance», souligne en introduction Mme Fischet Boel dans une note qu’elle a élaborée en vue de la première réunion tenue le 14 décembre par un groupe de commissaires pour préparer la révision à mi-parcours de la Stratégie de Lisbonne.

« La Pac représente 45 % du budget de l’UE», poursuit la responsable l’agriculture, qui se réfère notamment aux perspectives financières de l’Union pour la période 2007-2013. « La Commission dispose d’une influence considérable avec ces fonds. D’un point de vue crédibilité, il est donc crucial qu’elle assure une meilleure cohérence entre les objectifs clés de Lisbonne et la Pac. Il est aussi utile que la Commission soit perçue comme faisant sa propre contribution dans ce domaine – et pas seulement dans le domaine législatif ».

Plus de compétitivité, plus de croissance

« En ce qui concerne les mesures de soutien du marché agricole (le 1er pilier de la Pac), la réforme de 2003-2004 est une étape importante vers une Pac plus compétitive, axée sur le marché et durable », fait valoir ensuite Mme Fischer Boel. « La Commission devrait s’engager elle-même à assurer que les réformes futures de cette politique – en particulier pour le sucre, le vin, les fruits et légumes – soient étayées par les objectifs clés de Lisbonne ».

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« En ce qui concerne le développement rural (le 2e pilier de la Pac), la Stratégie de Lisbonne constitue un élément essentiel de la proposition de la Commission de juillet 2002 sur la future politique dans ce domaine », poursuit la commissaire européenne. « L’accent est mis sur la compétitivité, la compatibilité avec l’environnement et la diversification économique. Au début de 2005, la proposition cadre sera suivie par une proposition de la Commission sur les stratégies prioritaires pour le développement rural au cours de la période 2007-2013 ».

Plus précisément, selon Mme Fischer Boel, « il est primordial d’assurer que ces priorités soient un véritable levier économique et politique pour la Stratégie de Lisbonne. Cela peut être obtenu en se concentrant plus sur les objectifs clés de Lisbonne que sont la croissance, le renouveau économique et la cohésion rendue nécessaire par l’élargissement, ainsi qu’en insistant plus sur la diversification, l’innovation, l’investissement dans les infrastructures locales essentielles, l’encouragement à la création d’activités et au développement également en dehors de l’agriculture (mais à l’intérieur des zones rurales), le soutien aux exploitations de semi-subsistance dans les nouveaux États membres et l’accès aux nouvelles technologies d’information et de communications ».

« Dans ce contexte, nous devons aussi garantir que nos règles sur les aides d’État au secteur agricole soient en ligne avec ces objectifs politiques », conclut la commissaire européenne.