Les Français, prompts à tirer des conclusions générales de tout, ont rapidement fait une analyse très noircie de la décision de situer les JO de 2012 à Londres. À entendre certains, le superman Tony Blair, auréolé d’une nouvelle victoire – même endeuillée par les attentats de Londres – va avoir le champ libre pour faire avancer ses idées, reformater l’Europe et saborder la Pac. Il pourra profiter, de plus, d’un surcroît de croissance dont aujourd’hui la France aurait eu davantage besoin que son voisin d’outre-Manche. À entendre ces pessimistes, les Français auraient été victimes soit de leur arrogance, soit de leur incapacité à faire du lobbying efficace soit enfin de leur inadaptation aux réalités du nouveau siècle. C’est oublier que, somme toute, la victoire britannique s’est jouée à quatre voix. En tirer des conclusions générales est aller bien hâtivement en besogne.

L’économie française a-t-elle tant perdu à rater les JO ? Aurait-elle tant gagné à pouvoir les accueillir ? Ce n’est pas sûr. Et, en tout cas, bien fol est celui qui tablait dessus. Si la santé de l’économie et le moral d’un pays doivent à ce point compter sur des événements de ce type, c’est à désespérer !

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Ce n’est que dans ses propres ressorts et dans la confiance en soi qu’un pays ou une région peut trouver un moteur pour sa croissance. Prenons l’exemple de l’agriculture. Si l’Europe s’avise, demain, de remettre en cause fondamentalement la Pac, ce ne sera pas à cause d’un Tony Blair transformé en superman. Ce sera tout simplement parce qu’elle n’y croira plus. En d’autres termes, parce qu’on ne lui aura pas donné des raisons d’y croire.