Quatre ministres sont intervenus à l’occasion de « conférence des solutions », organisée le 2 avril, avec plusieurs annonces.
Le constat est connu : le secteur de la restauration collective est encore loin d’atteindre les objectifs fixés par les lois Egalim et Climat (50 % de produits durables et de qualité dont 20 % de bio). Le ministère de l’Agriculture (Masa) a organisé le 2 avril une « conférence des solutions ». L’occasion pour le gouvernement de rappeler les collectivités et les entreprises de restauration collective à leurs obligations. « Il y a un enjeu majeur à faire connaître ces obligations qui ne sont pas forcément bien connues ou perçues par l’ensemble des acteurs », souligne le Masa. La ministre déléguée chargée des Collectivités territoriales, Dominique Faure, est notamment intervenue pour lancer « un appel aux collectivités » afin que celles-ci « prennent leurs responsabilités ». L’enjeu, indique le Masa, est de « redonner de la valeur à l’alimentation » . Le prix d’un repas en restauration collective est généralement « compris entre 2 et 3 euros ». « Tant que nous ne ferons pas sauter ce plafond de verre nous ne pourrons pas atteindre les objectifs Egalim », affirme l’entourage du ministre.
Une « charte » pour les grandes entreprises
Du côté du secteur privé, la ministre déléguée Agnès Pannier-Runacher planche sur une « charte » pour que les « principales sociétés de restauration collective » et les « grandes entreprises » s’engagent à renseigner leurs données sur la plateforme « Ma cantine » et prennent « des engagements vis-à-vis du monde agricole ». Le secteur du médico-social, très en retard sur la montée en gamme de ses approvisionnements, fera l’objet d’un groupe de travail spécifique dans le cadre du Conseil national de la restauration collective (CNRC).
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L’État lui-même n’est pas exemplaire avec seulement 23 % de produits durables et de qualité dont 9 % de bio dans les cantines des administrations. « Nous allons accélérer les choses en 2024 », a assuré le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau lors de la conférence. L’enjeu est important, car avec 400 millions de repas servis dans ses restaurants collectifs et 1 milliard d’euros d’achats, l’État est le « premier restaurateur du pays », a souligné le ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, Stanislas Guérini. Il a décliné les mesures prises pour les cantines dans le cadre plan de transformation écologique de l’État, présenté la semaine passée. Les 7 500 cuisiniers et gestionnaires des restaurants collectifs d’État seront formés d’ici 2027 aux « assiettes décarbonées » (cuisine de protéines végétales, achats locaux de produits de qualité) et un diagnostic de gaspillage alimentaire sera réalisé dans chaque cantine. Pour pousser les cantines dans une démarche de progrès, les « fonds verts » alloués dans le cadre de ce plan seront réservés aux administrations inscrites sur le site de télédéclaration « Ma cantine ».