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Centre technique Restructuration en cours à l’Adria Développement

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L’Adria de Quimper, un des tout premiers centres techniques d’appui aux industries agroalimentaires, est en difficulté. Un administrateur ad hoc doit examiner la situation et décider si des activités doivent être abandonnées. Dans le même temps, un concours financier du conseil régional de Bretagne vient d’être débloqué.

Le tribunal de grande instance de Quimper devait nommer le 4 avril, un administrateur ad hoc pour piloter le plan de consolidation de l’Adria Développement, en proie à des difficultés financières. Ce conciliateur aura pour mission de faire évoluer les structures du plus important centre technique d’appui aux industries agroalimentaires de Bretagne (55 salariés en recherche-innovation, conseil, formation-audit).

Adria Développement possède par ailleurs deux filiales : Adria Laboratoire (analyses micro-biologiques et chimiques) contrôlée à 92 %, et Adria Senso (analyses sensorielles) contrôlée à 49 % avec une société de Clermont-Ferrand.

La situation difficile de l’Adria Développement a été mise sur la place publique la semaine dernière. Le Crédit agricole a d’abord fait savoir qu’il suspendant ses crédits, dans l’attente de nouvelles garanties, mais, le 31 mars Jean-Yves Le Drian, président du conseil régional de Bretagne (premier contributeur de l’Adria), est venu annoncer à Quimper qu’il débloquait les 600 000 euros votés en 2005 mais non encore versés. Et en 2006 la subvention du conseil régional doit atteindre 1,2 million d’euros. En contrepartie, a signalé M. le Drian, le conseil régional réclame plus de transparence, et demande de « reconsidérer la structure globale, redéfinir les missions (…) et revoir sans doute le mode de gouvernance » de l’Adria.

Le centre technique Adria a le statut d’une association de loi 1901 et fonctionne avec un conseil de surveillance qui rassemble les collectivités locales qui participent à son financement : le conseil régional de Bretagne, le conseil général du Finistère et la communauté de communes de Quimper (Quimper-Communauté).

Cession possible des activités concurrentielles

Un directoire composé d’industriels assure le pilotage opérationnel de l’Adria. Selon le directeur-général adjoint de l’Adria, Jean-Robert Geoffroy, l’activité actuelle d’Adria Développement n’est pas en cause. « Nous avons une très bonne activité avec des contrats privés qui représentent 70 % du chiffre d’affaires (4,4 millions d’euros en 2005), et 30 % de contrats publics et subventions », explique-t-il.

Le résultat net d’Adria Développement se situe à l’équilibre en 2005, après un résultat net de 40 000 euros en 2004 pour un CA de 4,2 millions d’euros. Les difficultés d’Adria Développement résultent, en fait, d’une importante dette contractée au cours de la précédente restructuration, en 2002.

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Dès janvier 2006, le centre technique qui fut la cheville ouvrière du pôle de compétitivité « Valorial l’aliment de demain » a procédé à une réduction de ses effectifs en licenciant 6 personnes. Mais la mesure n’a pas suffi. Il s’agit désormais d’agir plus en profondeur dans les structures.

« Nous avons un plan de restructuration qui s’articule en trois points, poursuit Jean-Robert Geoffroy. En plus du plan social, nous devons capitaliser l’Adria par des fonds associatifs, c’est à dire des collectivités locales. La décision a été prise par le conseil régional de Bretagne comme le conseil général du Finistère ».

Second point : les activités concurrentielles (Adria Senso et Adria Laboratoire) devraient être pour partie ou en totalité abandonnées. M. Geoffroy révèle que l’Adria Développement « devrait se retirer d’ici à quelques semaines du capital d’Adria Laboratoire » qu’elle contrôle à 92 % actuellement.

L’administrateur ad hoc nommé par le TGI de Quimper aidera le directoire à prendre les décisions dans le cadre d’un plan de consolidation. Enfin, le mode de gouvernance de l’Adria sera modifié, mais « notre statut d’association de loi de 1901 restera », souligne Jean-Robert Geoffroy.

Le président du conseil régional de Bretagne a rappelé, pour sa part, le rôle essentiel de l’Adria « pour le développement de la région (…). L’Adria doit se renforcer dans le paysage de la recherche et développement en Bretagne». La situation devrait rapidement évoluer avec un travail à mener « dans les toutes prochaines semaines », selon Jean-Robert Geoffroy.