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Situation économique Résultats moroses pour l’agroalimentaire

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Évolution historique dans le monde des IAA : ce secteur ne crée plus d’emploi depuis le début de l’année. Il en perd même 5 700 sur le 1er semestre. Les IAA rejoignent de ce point de vue l’industrie en général qui a perdu 90 000 emplois en un an. Principale cause de cette contre-performance : le ralentissement de la consommation qui pèse sur les chiffres d’affaires. Pour maintenir leurs résultats, les industriels doivent comprimer leurs coûts.

L’industrie agroalimentaire serait-elle devenue une industrie comme une autre ? En tout cas, sa vertu principale qui consistait à être régulièrement créatrice d’emplois n’est plus au rendez-vous. Confrontés à une diminution de la consommation dans bon nombre de secteurs de main-d’œuvre, les IAA compriment les dépenses en évitant de recruter, et en menant, parfois, des plans de compression d’effectifs. La perte d’emplois représente 5 700 sur le premier semestre soit 1 % de l’emploi total du secteur. La proportion est moindre que dans l’industrie en général mais elle est jugée préoccupante.

Les secteurs de main-d’œuvre en difficulté

Si, globalement, sur un an, la production semble progresser de 1,5 % selon le Scees (2e trimestre 2004 par rapport au 2e trimestre 2003), ce résultat est dû essentiellement à l’industrie des boissons et à celle de l’aliment du bétail. L’industrie des viandes voit son activité reculer de 1,3 % tandis que l’activité fruits et légumes recule de 10,4 %. Le secteur des corps gras progresse au 2e trimestre mais elle est en régression si l’on tient compte du 1e trimestre. Le travail des grains ne se porte pas mieux (-1 %) ni l’activité de l’industrie laitière (-0,6 % sur un an au 2e trimestre). Si les exportations redémarrent au 2e trimestre cela ne compense pas la forte baisse constatée au premier. De plus, les importations s’accroissent fortement ce qui dégrade l’excédent commercial.

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Industrie agroalimentaire
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Les premières annonces du « partenariat pour l’agroalimentaire »

Cependant, les résultats financiers des entreprises semblent résister comme en témoignent la plupart des annonces officielles ces dernières semaines. C’est justement pour conserver ces résultats que les entreprises jouent la prudence sur le front de l’emploi, quitte à provoquer quelques conflits qui ont fait la une des journaux (Perrier). Le 13 octobre, à l’occasion d’une conférence de presse, la FGA-CFDT annonçait s’attendre à d’autres restructurations notamment au niveau de sièges ou de filiales de grands groupes comme Unilever ou Nestlé.

Dans ce contexte pessimiste (confirmé par les enquêtes de l’Insee auprès des chefs d’entreprise), les premières annonces du partenariat pour l’agroalimentaire, prévues pour l’inauguration du Sial le 17 octobre, suscitaient beaucoup de curiosité chez les professionnels. Non que les industriels en attendent monts et merveilles mais plutôt pour sentir si le ministère d’Hervé Gaymard, peu mobilisé jusqu’à présent sur la transformation agroalimentaire, allait prendre conscience de la dimension de l’enjeu.