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Irrigation Retenues d'eau, une demande pour moins de contraintes administratives

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Lors d'un colloque intitulé « Sécheresse : arrêtons de gaspiller l'eau ! » le 28 juin à Paris, différents représentants du monde agricole ont débattu de la nécessité de facilité la création de réserves d'eau pour l'irrigation. Entre déclarations politiques et actes concrets, l'écart semble se creuser, ce que n'ont pas manqué de faire remarquer les intervenants. Mais, au-delà des clivages, l'urgence d'assouplir les lois encadrant la création de retenues d'eau semble faire l'unanimité dans le monde agricole, particulièrement face au retour régulier de phénomènes climatiques extrêmes.

«L'annonce par le président Sarkozy d'un plan quinquennal sur le stockage de l'eau est encourageant », a souligné Guy Vasseur, président de l'APCA, lors d'un colloque organisé à Paris le 28 juin au sujet de la gestion de la ressource en eau par l'agriculture. Il a d'ailleurs salué l'initiative de Nicolas Sarkozy d'impliquer l'APCA dans la gestion de la création de retenues collinaires, mais a indiqué qu'il y a d'abord besoin d'adapter la législation encore trop contraignante. De plus, le président de l'APCA a déploré que, dans le même temps, Nicolas Sarkozy ait demandé la création d'un plan de réduction des prélèvements d'eau sur 14 000ha par la mise en place de végétaux consommant moins d'eau. Enfin, il a critiqué le plan national d'adaptation au changement climatique qui prévoit de réduire de 20% les usages de l'eau. « Il faut faire en sorte que ce plan ne soit pas acté », a déclaré Guy Vasseur, dénonçant un double discours de la part des autorités.

Une ressource en eau dont les usages doivent être optimisés

« Avec 32Mds m3 d'eau utilisés par l'agriculture, il faut gérer durablement cette ressource afin de faire cohabiter les usages », a déclaré Eric Diard, député des Bouches-du-Rhône. Une quantité modérée, compte tenu des 400Mds m3 d'eau de pluie tombant chaque année sur l'Hexagone dont 175Md m3 alimentent les eaux de surface et souterraines, a rappelé Eric Diard. Cependant, Philippe Dandin, de la direction de la climatologie chez Météo-France, a prévenu que selon ses projections, un état de sécheresse permanent pourrait toucher la France d'ici la fin du XXIe siècle en raison d'une hausse des températures, donc des évaporations, et d'une baisse des précipitations estivales. Selon lui, ceci ne laisse aucun doute sur une baisse des ressources en eau à terme. Ainsi, pour répondre à la nécessité de gérer au mieux les ressources en eau disponibles, Daniel Martin, président d'Irrigants de France, propose trois axes prioritaires. Le premier consiste en l'optimisation des diagnostics de déclenchement de l'irrigation, un second axe est lié à l'amélioration du matériel, et le troisième à la formation des utilisateurs. Le président d'Irrigants de France a ainsi indiqué que des pertes de 3 à 7% des eaux d'irrigations pouvaient être évitées en irrigant au plus près des cultures et en évitant de le faire si le vent souffle.

Besoin d'adaptation législative pour la gestion de la ressource en eau

« Nous avons besoin d'une adaptation législative pour instaurer le stockage de l'eau en modifiant la loi qui complique la création de ces retenues sur un plan administratif », a déclaré Jean-Michel Schaeffer, président des Jeunes agriculteurs. Pour Xavier Beulin, président de la FNSEA, « il ne faut pas traiter de l'irrigation sous l'angle dogmatique ». Cependant, il a souligné que depuis quinze ans, peu de stockages d'eau avaient été rendu possibles en France, et qu'il fallait anticiper la gestion des risques. Selon le président de la FNSEA, « la politique décentralisée de gestion de l'eau en France est une bonne chose, mais ne doit pas devenir un élément de blocage ». D'ailleurs, il a souligné que plutôt de gérer des crises à répétition, il faudrait seulement investir 1 à 1,5M€ sur 5 ans afin de créer des stockages d'eau. « Mais avant les questions financières, d'autres problèmes subsistent », a souligné Xavier Beulin. Enfin, il a indiqué qu'on ne pouvait passer par décret 14 000ha en non irrigués, surtout si les cultures produites sur ces terres ne trouvent pas de débouchés. « Les agriculteurs suivent le marché pour décider de leurs emblavements », a déclaré Xavier Beulin qui demande de la clarté et des engagements de la part des pouvoirs publics au sujet du stockage de l'eau en France.

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