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Viande /Contrôle sanitaire Retrait de lots douteux de corned-beef

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Les services sanitaires ont rappelé en décembre 650 000 boîtes de corned-beef fabriquées par l’entreprise Covi de Cholet (Maine-et-Loire), à partir de viande non-conforme mais ne présentant pas de risque pour la santé selon les autorités. Ce rappel faisait suite à la découverte le 22 novembre lors d’un contrôle vétérinaire de 22 tonnes de viande de bœuf « im-propre à la consommation ». Covi proteste de sa bonne foi et se défend d’avoir mis sur le marché des produits incorporant des matières premières jugées non-conformes par les services vétérinaires. La société agro-alimentaire Charal qui a fabriqué ces produits livrés à Covi, reconnaît un « défaut ponctuel d’orientation sur une ligne de sous-produits » destinés à la viande en conserve ou à l’alimentation animale. Jean Chavel, directeur de Charal, a précisé que ces sous-produits ne représentent que 0,01% de la production de l’entreprise.

Quelque 650 000 boîtes de corned-beef rappelées par les services sanitaires, ça s’est passé au mois de décembre. Mais l’affaire remonte déjà au 22 novembre dernier, lors d’un contrôle des services vétérinaires du Maine-et-Loire dans l’usine de transformation de viandes de la société Covi à Cholet. L’inspection révèle la présence de viande impropre à la consommation dans un lot livré quelques jours auparavant par une usine du groupe Charal. Les services vétérinaires demandent aussitôt à l’entreprise de rappeler toutes les conserves fabriquées à partir des lots suspects en provenance de l’usine Charal d’Egletons, en Corrèze. La quasi-totalité des boîtes, dont 42 % étaient distribuées en France et 58 % au Royaume-Uni, en Irlande, en Grèce et en Belgique a été retrouvée. Selon les services vétérinaires, il y avait « un problème de qualité des viandes. Soit elles étaient trop rouges, soit elles étaient trop dures. Certains lots présentaient des hématomes sur lesquels les microbes se développent plus rapidement », a expliqué Jean-Michel Chappron, directeur des services vétérinaires du Maine-et-Loire. Il a souligné l’absence de tout danger sanitaire, la viande étant stérilisée avant cuisson et a estimé que l’affaire est avant tout « une tromperie sur la qualité du produit ». Il a été aussi découvert le même jour un stock provenant de la société Soviba contenant des chutes d’atelier de découpe.

Pas de problème sanitaire

De son côté, la société Covi se défend de toute malveillance ou négligence. Dans un communiqué de presse, elle affirme « qu’elle n’a jamais mis sur le marché de produits comportant des matières premières non-conformes ou impropres à la consommation humaine ». Covi ajoute que « la maîtrise de la traçabilité totale de nos produits nous a permis de les retirer immédiatement et en toute transparence auprès de nos clients et de nos consommateurs. Ce retrait a été effectué dès le 15/12/06 et a été suivi d’une communication par affichettes auprès des consommateurs sur les points de vente selon les prescriptions de la DSV. » Covi assigne en outre ses deux fournisseurs à titre conservatoire et a demandé la désignation d’un expert judiciaire.

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La société Charal parle de « défaut de composition concernant quelques produits » expliquant un « défaut ponctuel d’orientation sur une ligne de sous-produits ». Sous- produits ne représentant que 0,01% de la production de la première marque française de viande.

Le ministère de l’Agriculture a mis Covi sous contrôle vétérinaire renforcé et diligenté une enquête chez les fournisseurs en cause.