Depuis 25 ans, l’élevage ovin français connaît une régression importante de ses effectifs de brebis et du nombre de ses éleveurs. La France perd en moyenne 2500 éleveurs chaque année, tandis que le renouvellement des générations est de plus en plus difficile. 50 % des éleveurs ont plus de 50 ans. Emmanuel Coste, président de l’interprofession Interbev Ovins, rencontré dans le cadre du Salon de l’agriculture, a accepté de répondre à nos questions sur les perspectives de l’élevage ovin français.
Depuis deux ans, la filière ovine est dans une phase de relance de la production. En quoi consiste-il ?
Cette relance passe par deux axes importants. Nous avons d’abord voulu faire renaître une vocation chez les jeunes, dans les lycées agricoles ou dans les centres de formation pour adulte. Avec le slogan « L’agneau, on y croit «, nous avons voulu dynamiser l’image de cette production et ainsi redonner l’envie de s’y lancer. Nos efforts se portent également sur l’installation proprement dite. Nous avons mis en œuvre un dispositif dans chaque région pour permettre aux nouveaux agriculteurs d’investir et ainsi de ralentir la baisse du nombre des exploitations.
En quoi consiste ce dispositif pour faciliter l’installation ?
La difficulté principale, à laquelle se heurtent les candidats à l’installation est le financement, d’autant plus que de nombreux candidats sont des « hors-cadres familiaux «. Avec le dispositif que nous proposons, le jeune agriculteur pourra financer 50 % de son investissement grâce un prêt à taux zéro. Ce prêt pourra se faire par un investisseur qui sera garanti, en cas de non-remboursement, par une société de développement dans laquelle participeraient la Fédération nationale ovine (FNO), des organisations de producteurs et la Fédération nationale de la coopération bétail et viandes (FNCBV). Mais nous devons d’abord obtenir l’accord du ministère des Finances car il y a un volet défiscalisation.
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Après avoir été initié il y a deux ans, ce plan de relance a-t-il commencé à porter ses fruits ?
Nous constatons des premiers signes encourageants. Sur vingt-deux régions, neuf ont progressé en 2004 en termes de production. Ainsi, la chute de la production a été ralentie en 2004. Notre objectif est de revenir très rapidement à 50 % d’autosuffisance en matière d’agneau, alors que nous ne sommes plus aujourd’hui qu’à 30-40 % de la consommation française.