Lors du débat pour la primaire socialiste, le 25 janvier, entre Manuel Valls et Benoît Hamon, celui-ci a pas mal parlé des agriculteurs. D’abord pour affirmer que son projet de revenu universel serait apprécié, en particulier, par les paysans dont les revenus sont particulièrement bas. Quelques instants plus tard, il se faisait l’avocat d’une suppression des produits chimiques utilisés en agriculture, en particulier et en priorité les perturbateurs endocriniens.
Une position qui ressemble fort à la manière dont une grande partie de la population et des politiques considèrent les agriculteurs. À les entendre, ceux-ci devraient tirer un trait sur une bonne part de leurs outils de production, mais la République étant bonne mère, elle se doit de donner quelques subventions pour les maintenir à flot.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
C’est totalement méconnaître la nature profonde des agriculteurs. Ceux-ci se veulent chefs d’entreprise, utilisant des moyens de production, cultivant des terres ou élevant des animaux, ne demandant que des prix pour bien vendre leur production. Tout espoir n’est peut-être pas perdu. Après des années de baisse des prix alimentaires, les sociologues nous disent constater une légère remontée du budget alimentaire des ménages. Tout simplement parce qu’ils achètent davantage de produits sous garantie de qualité, comme le bio ou des produits certifiés. C’est un tournant. Il faut saisir la balle au bond. Mais, en même temps, convaincre les candidats à la présidentielle, quels qu’ils soient, que ce ne sont pas des subventions qu’il faut à l’agriculture mais des prix.