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Agricultures du Sud Risque de déstabilisation des institutions financières du Sud

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Une table ronde organisée le 16 octobre par l’association Alliés, membre de l’Alliance internationale contre la faim, a pointé le risque que pourrait faire courir un développement mal conduit dans les agricultures du Sud sur les institutions financières de ces régions.

À l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation le 16 octobre, placée sous l’égide de la FAO (Agence des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), l’association française Alliés a organisé plusieurs tables rondes autour de la crise alimentaire, dont l’une avait trait plus spécialement au rôle des organisations agricoles face à la crise alimentaire. Alliés est une association constituée à l’initiative de la FAO pour sensibiliser les citoyens sur les problèmes du développement et de la faim.

La finance rurale en crise

Deux intervenants, Philippe Pipraud, chargé de mission sur le développement Nord-Sud au ministère de l’Agriculture, et Mme Betty Wampfler, chercheuse au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), ont alerté leur auditoire sur le risque de déstabilisation des institutions financières. « La finance rurale est en crise. Les impayés et la réduction du portefeuille d’activité des paysans sont à même de compromettre 20 ans de lente construction des institutions financières locales » des pays du Sud, a précisé Philippe Pipraud. Ces institutions financières sont « très sensibles aux chocs », comme une baisse des prix de produits agricoles, a ajouté Betty Wampfler. Les crédits octroyés aux agriculteurs dans des pays comme le Sénégal sont souvent élevés (de l’ordre de 15%) parce que le système est très décentralisé (il faut remonter plusieurs étages bancaires pour refinancer les prêts) et les risques élevés, a-t-elle poursuivi.

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Nécessité d’associer les professionnels

L’actualité montre que la régulation par le seul marché a fait la preuve de son échec, selon elle. Comme on ne peut pas non plus revenir à l’omniprésence de l’État pour réguler la finance, pour éviter la corruption, le meilleur terme est de former les organisations professionnelles agricoles et de les associer aux opérateurs du marché et aux régulations de l’État. « Toute la régulation ne viendra pas des politiques. Il faut y associer les professionnels », a résumé Gérard Renouard, président de l’Afdi (Agriculteurs français et développement international).