L’objectif du nouveau plan d’aide au secteur laitier « devra être de rétablir l’équilibre sur le marché », avait assuré le commissaire européen Phil Hogan lors du Conseil agricole de juin. Un plan qu’il présentera le 18 juillet aux ministres de l’agriculture des Vingt-huit. Mais un mois plus tard, son engagement n’a plus la même portée. Si la situation des producteurs reste très difficile, avec des prix du lait qui ne se redresseront pas avant plusieurs semaines – voire plusieurs mois –, plombés par d’importants stocks, la production européenne commence à reculer. Après avoir bondi de 5 % sur les premiers mois de l’année, elle n’augmentera que de 1 % sur l’ensemble de 2016. Les abattages de vaches laitières sont en hausse dans quasiment tous les grands pays producteurs – à l’exception notable de l’Irlande. Dans ce contexte, la Commission n’aura pas trop de mal à lier l’octroi des aides qu’elle s’apprête à débloquer (pour un montant qui devrait dépasser les 500 millions €) à un engagement de la part des bénéficiaires de réduire leur production ou pour des mesures de restructuration. Surtout que certaines flexibilités seront laissées à la discrétion des États membres. Et si, en plus, Bruxelles prend en compte les demandes des pays opposés à ces aides conditionnées à une gestion de l’offre, et accorde des enveloppes nationales pouvant être utilisées sous d’autres formes, le risque de saupoudrage sera maximal. Et l’impact du plan, que ce soit sur le marché ou même le revenu des agriculteurs, minimal.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.