La Fnil, qui représente les industriels, souhaite que les différents collèges du Cniel se concentrent sur les enjeux professionnels, et propose de revenir au budget initial. A défaut d'accord, elle alerte sur un risque de « shut down » début 2026.
Après l’annonce de la démission de Pascal Le Brun de la présidence du Cniel (interprofession laitière) le 15 octobre, François-Xavier Huard, p.-d.g. de la Fnil (industriels), s’est inquiété du financement du Cniel en cas de désaccord persistant sur le budget de l’interprofession. « Il y a un risque de shut down pour le Cniel à partir du début 2026, car s’il n’y a pas de budget, la contribution volontaire obligatoire de janvier ne pourra pas être appelée, or cela représente environ 3 M€ par mois », explique-t-il à Agra Presse.
François-Xavier Huard, par ailleurs président du comité d’audit du Cniel, rappelle qu’il s’agit d’une des plus importantes interprofessions, avec un budget de plus de 40 M€ par an, une centaine de salariés et des missions vitales pour la filière. « Il y a une nécessité absolue de se concentrer sur les vrais enjeux la filière qui sont la qualité du lait, la sécurité sanitaire, les pathologies touchant le cheptel et la communication », selon lui. Il regrette le départ de Pascal Le Brun qui avait accédé à la présidence du Cniel au titre du collège des coopératives, avec le soutien des industriels et après plusieurs présidences assurées par les producteurs.
Maintenir le statu quo
Pour trouver une issue au blocage empêchant le Cniel d’avoir un budget pour 2026, la Fnil préconise de maintenir le statu quo, c’est-à-dire « revenir au budget initial, sans modification de la CVO ni de la répartition aux trois quarts pour les éleveurs et un quart pour les industriels », selon François-Xavier Huard. La FNPL (éleveurs) souhaitait une hausse du budget afin de maintenir les missions du Cniel à leur niveau et un rééquilibrage des contributions des industriels au profit des éleveurs. Mais cette solution se traduisant par « une hausse d’environ 25 % de la contribution des industriels », rappelle la Fnil, elle a été rejetée par ces derniers.
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Le climat est toujours tendu entre éleveurs et industriels, ces derniers dénonçant par la voix de la Fnil le caractère « outrancier » du communiqué de la FNPL du 15 octobre. Ce communiqué était titré : « Jusqu’où iront les industriels laitiers privés pour détruire la filière ? » La présidence du Cniel est assurée par intérim Marc Delage, à la tête du collège distributeurs, qui doit maintenant recevoir chaque collège afin de trouver un terrain d’entente. La prochaine réunion du bureau du Cniel est prévue début novembre.
CB