Voilà donc la dernière ligne droite pour l’OMC et la conclusion éventuelle du cycle de Doha. Encore une fois la France, faisant corps avec son monde agricole, entend faire de la resistance pour ne pas aller au-delà des efforts considérables déjà demandés aux agriculteurs des pays développés. Tout effort d’adaptation doit être raisonnable et praticable.
Mais si l’on a expliqué les raisons pour lesquels l’accord à l’OMC pourrait être mauvais, on n’a quasiment jamais expliqué celles pour lesquelles il pourrait être justifié.
A-t-on suffisamment insisté sur le poids des services et de l’industrie dans l’économie, deux secteurs qui ont bien plus à gagner qu’à perdre avec un accord ; deux secteurs cruciaux pour la croissance future de l’Europe et donc aussi pour la demande qui s’adresse à l’agriculture.
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A-t-on suffisamment mis en évidence le risque d’un échec quant à l’existence même de l’OMC ? N’a-t-on pas tout à craindre d’un abandon des discussions multilatérales? Celles-ci pourraient être remplacées par des négociations bilatérales où l’on sait que les Américains sont bien plus efficaces que les Européens pour profiter de la demande colossale qui va s’exprimer dans les nouveaux pays émergents.
A-t-on assez souligné l’effet que produirait un échec provoqué par la France pour défendre son agriculture ? Effet sur les relations de l’Europe avec les pays en développement. Effet sur l’image du monde paysan à l’égard des citadins. Cette image, qui est jugée cruciale par les agriculteurs eux-mêmes, ne serait-elle pas encore un peu plus écornée par le sentiment qu’un cycle sur le développement, demandé par les pays pauvres et émergents, reconnu nécessaire par le monde industriel et des services, serait compromis par les besoins de 3,6% de la population ?