Comme l’avaient fait trois jours auparavant les organisations de producteurs de cinq États membres, le Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l’UE) ont réclamé le 22 novembre l’application « sans plus attendre » de la clause de sauvegarde que la Commission européenne envisage d’imposer sur le riz Indica en provenance du Cambodge et de la Birmanie (1). « La Commission reconnaît les dommages économiques causés par ces importations exemptes de droits de douane en liaison avec l’accord ‘Tout sauf les armes’ (EBA) », rappelle le Copa-Cogeca. Sa proposition « positive » visant à rétablir pendant trois ans un droit de douane sur le riz originaire des deux pays doit à présent être approuvée « rapidement » par les experts européens chargés du schéma des préférences généralisées (SPG) qui se réuniront le 4 décembre, insiste-t-il. De plus, selon lui, « des mesures complémentaires sont nécessaires pour résoudre le problème sur le long terme, telles que l’étiquetage obligatoire de l’origine (pays) pour le riz au niveau européen ».
« Des marchés différents »
À l’inverse, le Coceral (commerce européen des grains) appelle les États membres de l’UE à voter contre l’application temporaire de la clause de sauvegarde sur le riz cambodgien et birman proposée par la Commission, dont l’enquête, selon lui, « ne donne pas un aperçu complet du marché ».
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L’analyse de Bruxelles porte sur des lignes tarifaires qui couvrent le riz Indica semi-blanchi ou blanchi, mais ne font pas la distinction entre le riz blanc Indica et le riz parfumé à grain long, deux qualités qui sont destinées à des marchés différents dans l’UE et n’entrent pas en concurrence, soutient le Coceral.
De plus, ajoute-t-il, au Cambodge et en Birmanie, les agriculteurs et l’industrie de transformation du riz « ont lourdement investi en vue d’approvisionner l’UE, et sont aujourd’hui très dépendants des exportations sur ce marché ».
(1) Voir n° 3669 du 26/11/18