Le Cambodge et ses producteurs de riz ont annoncé faire appel devant le Tribunal de l’UE de la décision de Bruxelles de réintroduire, au titre de la clause de sauvegarde, des droits à l’importation sur les exportations de riz indica du pays après une forte augmentation des volumes (1). Lors de l’enquête qui l’a conduite à réintroduire ces taxes, la Commission européenne « n’a manifestement pas recueilli tous les éléments de preuve requis. De larges généralisations ont été faites », écrivent dans un communiqué les deux plaignants. Cette enquête « ne prouve pas que les difficultés rencontrées par l’industrie de l’Union sont une conséquence directe du volume et des prix des importations en provenance du Cambodge », poursuivent-ils.
Selon eux, ces droits de douane sont « préjudiciables à l’économie cambodgienne et à son industrie, mais surtout à sa population ».
Clause de sauvegarde
La Commission européenne a décidé en janvier de déclencher la clause de sauvegarde sur le riz indica provenant du Cambodge, ainsi que de la Birmanie, qui entrait en franchise sur le marché de l’UE, en lui réimposant pour trois ans un droit de douane de 175 €/tonne progressivement réduit à 150 €/t en 2020 et 125 €/t en 2021.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Au cours de son enquête ouverte en mars 2918, Bruxelles a constaté que les importations – à bas prix – de riz en provenance de ces deux pays avaient progressé de 89 % sur les cinq campagnes précédentes, ce qui a causé de sérieux problèmes aux producteurs de l’UE puisque leur part du marché européen est tombée de 61 % à 29 %.
L’activation de la clause de sauvegarde avait été demandée initialement en février 2018 par l’Italie qui a reçu l’appui de tous les autres États membres producteurs de riz (Espagne, France, Portugal, Grèce, Hongrie, Roumanie et Bulgarie).
(1) Voir n° 3676 du 21/01/19