Réunis dans le cadre de la commission de l’Agriculture du Parlement européen (Comagri) le 17 février à Bruxelles, les eurodéputés ont interpellé la Commission européenne sur la nécessité au regard de la situation du marché, de déclencher la clause de sauvegarde afin de contenir les importations de riz japonica en provenance de Birmanie. Une clause de sauvegarde a déjà été mise en place en janvier 2019 sur les importations de riz indica en provenance du Cambodge et de Birmanie permettant comme l’a rappelé l’eurodéputée Mazaly Aguilar (conservatrice) d’en réduire « de 18 % les exportations à destination de l’UE pour atteindre 80 000 t pour la campagne 2018-2019 » mais en parallèle, celle-ci constate « une augmentation significative de 213 % des exportations de riz japonica en provenance de Birmanie ».
Pas de preuve d'une perturbation du marché
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Face à cette hausse, les eurodéputés ont ainsi souhaité savoir quel serait le seuil maximal acceptable d’importations avant que la Commission décide d’intervenir en déclenchant la clause de sauvegarde. À l’heure actuelle, Bruxelles réitère ses dires exprimés à l’occasion de la réunion des ministres de l’UE le 18 novembre (1), « il n’y a pas de preuves contraignantes concernant l’évolution des prix, et de chiffres clairs qui indiquent qu’il y a un impact réel sur les producteurs de riz européens. Cette hausse montre seulement qu’il y a une demande sur le marché européen. Seule une baisse des prix apportera la preuve suffisante d’un effondrement du marché, à ce moment-là la Commission pourrait intervenir ». Toutefois, l’attentisme de la Commission n’est pas du goût des producteurs de riz d’Italie, de France, d’Espagne, de Grèce et du Portugal qui, réunis le 14 février à Arles, ont demandé à Bruxelles d’adopter pour la Birmanie un acte délégué pour la révocation du schéma européen de préférences tarifaires généralisées « Tout sauf les armes ». Cela permettrait d’appliquer un droit de douane sur les importations de riz japonica provenant de Birmanie. Ils estiment qu’il serait également necessaire de renforcer les contrôles sur les importations de riz « pour garantir le strict respect des règles de l’UE à l’égard des limites maximales de résidus ».
(1) Voir n° 3718 du 25/11/2020