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Riz : à peine finalisée, la révision du SPG est déjà contestée

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La récente révision du système de préférences généralisées, qui inclut pourtant une mesure de sauvegarde automatique pour le riz, est décriée par les parties prenantes agricoles qui déplorent un manque de protection pour les producteurs.

Après plusieurs années de négociations et une prorogation initiale du texte jusqu’à décembre 2027, faute de mieux, le Parlement européen et le Conseil de l’UE sont finalement parvenus, le 1er décembre, à un compromis concernant la révision du Système de préférences généralisées (SPG). Ce système permet aux pays en développement vulnérables d’exporter des marchandises vers l’UE avec des droits de douane faibles ou nuls. La question des importations de riz a été le sujet majeur des préoccupations agricoles et a « pesé sur les négociations », selon les termes du social-démocrate allemand, Bernd Lange, président de la commission parlementaire du Commerce international.

L’accord provisoire prévoit donc un mécanisme de sauvegarde automatique spécifique pour les importations de riz dans l’UE. Concrètement, en cas d’augmentation significative de 45 % de ces importations vers l’UE par rapport aux niveaux historiques sur une période de 10 ans (environ 387 000 tonnes), ces importations seront soumises à des droits de douane NPF (nation la plus favorisée) pendant une période déterminée afin d’éviter de graves perturbations sur le marché du riz de l’UE.

Garanties insuffisantes

Un dispositif qui suscite le rejet des parties prenantes agricoles qui avaient pourtant milité pour son introduction. Ces dernières dénoncent des conditions de mise en œuvre inatteignables et par conséquent, une protection inefficace de la filière rizicole de l’UE. Selon les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca), le seuil d’activation (estimé à 562 000 tonnes) a été calculé en utilisant les niveaux d’importation historiquement élevés actuels comme référence, rendant le mécanisme inopérant malgré l’automaticité. « Après quatre années de négociations, durant lesquelles la situation du secteur rizicole européen n’a cessé de se détériorer, il est profondément injuste que la définition d’une situation exceptionnelle repose désormais sur ces chiffres gonflés », indique le Copa-Cogeca dans un communiqué du 2 décembre.

Lire aussi : Riz : le Copa-Cogeca s’inquiète des seuils de déclenchement des sauvegardes dans le futur SPG

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Même sentiment pour le think tank agricole européen Farm Europe qui considère ce compromis comme « une occasion manquée de doter le secteur d’un mécanisme efficace capable d’anticiper les perturbations du marché ». Et d’ajouter que « les importations (de riz, N.D.L.R.) ont déjà dépassé 540 000 tonnes cette année, avec des conséquences directes sur les prix des variétés premium, dont la valeur a chuté de 35 % par rapport à l’année dernière ».

Le Parlement et le Conseil de l’UE doivent, à présent, tous deux donner leur feu vert définitif à cet accord provisoire avant qu’il puisse être formellement adopté. La législation s’appliquera à compter du 1er janvier 2027.