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Elevage ovin Roumanie et Bulgarie : prochains nouveaux compétiteurs

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Influençant déjà le marché ovin français à certaines périodes de l’année, la Bulgarie et la Roumanie pourraient venir concurrencer encore plus le marché hexagonal et perturber les prix. « Le potentiel est important » prévient-on à l’Institut de l’élevage. Mais pour l’heure, les deux pays sont encore loin d’atteindre les niveaux productifs et sanitaires des pays d’Europe occidentale…

La Bulgarie et surtout la Roumanie pourraient devenir de sérieux compétiteurs de l’élevage ovin français dans les prochaines années. « Le potentiel de développement des exportations de viande ovine dans l’Union européenne est important », soulignait le 11 avril, Philippe Chotteau, ingénieur à l’Institut de l’élevage qui présentait une étude sur l’élevage bovin et ovin en Bulgarie et Roumanie. « La Roumanie est un pays qui va compter et va devenir un vrai compétiteur au niveau européen », déclarait Emmanuel Coste, président d’Interbev-Ovins. Pourtant, les niveaux de productivité actuels restent bien loin des standards de l’Europe occidentale. Avec respectivement 6,5 millions et 1,4 million de brebis et agnelles, la Roumanie et la Bulgarie ne connaissent que très peu les grandes exploitations d’élevage. 43 % des ovins font partie de troupeaux de moins de 50 têtes en Roumanie. 50 % des brebis se trouvent dans des troupeaux de moins de 20 têtes en Bulgarie ! « La productivité devrait progresser avec l’introduction et les croisements de races moins rustiques que celles présentes actuellement », prévient Philippe Chotteau.

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Véritable essor dans 3 ans

« Les opérateurs roumains pèsent déjà sur le marché français », reconnaît Emmanuel Coste, qui a effectué un voyage d’observation en Roumanie. « Il y a beaucoup de nouveaux investisseurs qui croient à l’agriculture et sont prêts à la moderniser », ajoute-t-il. Pour autant, Emmanuel Coste reste confiant. « L’intégration de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’Union européenne s’est faite avec beaucoup de conditions, notamment au niveau sanitaire », souligne-t-il. Actuellement, seuls 2 abattoirs en Roumanie et 6 en Bulgarie sont agréés par l’Union européenne. Ainsi, les abattages contrôlés ne représentent que 4 % des abattages d’ovins en Roumanie. Les exportations (25 à 30 % de la production totale) qui ne se font aujourd’hui que principalement en vifs, sont destinées en majorité à la Grèce et à l’Italie. « Elles perturbent aussi les prix français mais l’offre sur le marché reste très saisonnière », tempère Emmanuel Coste. Selon l’Institut de l’élevage, l’essor de la Roumanie dans l’élevage ovin pourrait intervenir d’ici 3 ans environ, avec l’exportation de pièces. « Mais l’Europe a besoin d’agneaux, la demande reste aujourd’hui très supérieure à sa production qui décroît dans tous les pays », souligne Emmanuel Coste.