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Royaume-Uni/Australie : les inquiétudes de la filière bovine irlandaise

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L’accord commercial que devraient prochainement conclure le Royaume-Uni et l’Australie pourrait représenter une menace sérieuse pour la compétitivité de la filière bovine irlandaise, prévient Farm Europe. L’industrie irlandaise de la viande a également exprimé ses plus vives inquiétudes au regard de la volonté de Londres de libéraliser l’accès à son marché.

Alors que le Royaume-Uni est sur le point d’octroyer un accès libre à son marché aux viandes bovine et ovine australiennes dans le cadre d’un accord commercial qui pourrait être officialisé le 11 juin (1), avec une suppression progressive des quotas et des droits de douane en quinze ans, le think tank Farm Europe alerte dans un communiqué publié le 26 mai, sur le risque que fait courir cet accord à la compétitivité des filières européennes. « Elles seront confrontées à la concurrence dramatique des morceaux australiens moins chers, ce qui engendrera une perte de leurs parts de marché », explique-t-il. Et de préciser que cette perspective ne sera pas sans conséquences surtout en Irlande où le Royaume-Uni est la première destination des exportations de bœuf. Selon l’industrie irlandaise de la viande, « plus de la moitié des exportations de viande bovine, soit près de 250 000 t, sont envoyées vers le Royaume-Uni chaque année, ce commerce représentant environ 1,2 Mrd € par an ». Elle précise qu’en « 2020, le Royaume-Uni a importé 314 000 tonnes de viande bovine, dont plus de 70 % en provenance d’Irlande, alors que seulement 1 500 t ont été importées d’Australie en 2020, soit 0,15 % ».

La filière bovine irlandaise sous pression

Malgré ce faible niveau d’échange, Cormac Healy, directeur principal de l’industrie irlandaise de la viande, craint que Canberra « ne déplace des produits des marchés à plus bas prix de la Chine ou des États-Unis pour approvisionner le Royaume-Uni, alors que l’Australie exporte 2,3 Mio t chaque année ». De son côté, Tim Cullinan, président de l’association agricole irlandaise (IFA), prévient que cet accord entre Londres et Canberra « définira le modèle des futurs accords commerciaux britanniques, y compris avec les États-Unis, de sorte que les implications plus larges pourraient potentiellement être dévastatrices ». Un point que confirme Cormac Healy qui souligne que « les prochains accords avec les pays du Mercosur ou encore avec la Nouvelle-Zélande représentent aussi une vraie menace pour nos exportations de viande vers le marché britannique ».

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Face à ce potentiel choc, ce dernier prévient que « pour maintenir notre position sur le marché et faire face à toute nouvelle concurrence, il faudra impérativement se concentrer sur les relations étroites et de longue date avec les clients britanniques et fournir des produits frais et de haute qualité ». Tandis que pour l’organisation bruxelloise Farm Europe, il sera crucial « de devenir compétitif, de conquérir davantage de marchés d’exportation, en d’autres termes d’être très fort et résilient sur le plan économique ».