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Royaume-Uni/Australie : Londres conclut son premier vrai accord commercial post-Brexit

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Comme prévu, Londres a conclu le 15 juin un accord commercial avec Canberra, à travers lequel le Royaume-Uni offre un accès libre de droits notamment aux viandes bovine et ovine australiennes avec une suppression progressive des quotas et des droits de douane. Toutefois, cet accord inquiète le monde agricole britannique mais aussi irlandais, qui pourrait perdre en compétitivité.

Comme prévu, Londres a conclu le 15 juin un accord commercial avec Canberra, à travers lequel le Royaume-Uni offre un accès libre de droits notamment aux viandes bovine et ovine australiennes avec une suppression progressive des quotas et des droits de douane. Toutefois, cet accord inquiète le monde agricole britannique mais aussi irlandais, qui pourrait perdre en compétitivité.

Le Royaume-Uni et l’Australie ont conclu le 15 juin un accord commercial de principe, soit le premier post-Brexit à ne pas être simplement un renouvellement ou une adaptation de ceux qui existent entre l’UE et d’autres pays (1). Dans ce cadre, Londres a décidé d’octroyer un accès libre à son marché aux viandes bovine et ovine australiennes avec une suppression progressive des quotas et des droits de douane en quinze ans. Quant aux biens britanniques, ils entreront sur le sol australien sans droits de douane. Michael Gove, ministre chargé de coordonner l’action gouvernementale, a indiqué pour rassurer les agriculteurs britanniques qui s’inquiétaient de la concurrence des produits australiens aux normes sanitaires plus souples, que « la proportion de viande australienne qui est susceptible d’arriver au Royaume-Uni va être une assez petite partie de leur production globale ». Et d’ajouter que « nous allons maintenir nos normes élevées concernant le bœuf aux hormones et le poulet lavé au chlore ».

Inquiétudes des agriculteurs britanniques et irlandais

Une confiance que ne partage pas Minette Batters, présidente du principal syndicat agricole britannique (NFU), qui s’inquiète de voir l’accord compromettre les normes de production élevées du Royaume-Uni relatives au bien-être animal et à l’environnement. Dans ce contexte, elle déclare attendre « plus de détails sur l’accord » afin de savoir s’il fait mention de ces deux enjeux cruciaux. Elle appelle aussi Londres à « s’engager dès maintenant avec l’industrie sur les détails de l’accord » et qu’ « il implique le Parlement beaucoup plus au cours des étapes finales des négociations ». À cette fin, elle invite ainsi le gouvernement « à fournir aux deux Chambres (des lords et des communes) les détails bien avant la ratification, ainsi qu’une évaluation d’impact ». Toutefois, elle reconnaît que « l’accord comprend certaines garanties qui tentent de trouver un équilibre entre la libéralisation des échanges et le soutien aux entreprises agricoles britanniques, ainsi qu’un délai raisonnable pour permettre aux agriculteurs britanniques de s’adapter au nouvel environnement commercial ».

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Lire aussi : « Royaume-Uni/Australie<0x2009>: les inquiétudes de la filière bovine irlandaise »

Du côté de l’UE, cette libéralisation de l’accès au marché britannique aux morceaux australiens moins chers pourrait représenter une menace notamment pour la compétitivité de la filière bovine irlandaise (2). En 2020, le Royaume-Uni a importé 314 000 tonnes de viande bovine, dont plus de 70 % en provenance d’Irlande, alors que seulement 1 500 t ont été importées d’Australie en 2020, soit 0,15 %. Les présidents de l’association agricole irlandaise (IFA) et de la NFU devaient tenir le 17 juin une réunion bilatérale pour discuter des implications de l’accord.

(2) Voir n° 3794 du 07/06/2021