Suite à l’accord de principe trouvé au mois de juin, et après avoir finalisé l’ensemble des chapitres en négociation, le Royaume-Uni et l’Australie ont signé formellement, le 16 décembre lors d’une cérémonie virtuelle, leur accord de libre-échange. Depuis le Brexit, c’est le premier accord signé par Londres à ne pas être simplement un renouvellement ou une adaptation de ceux qui existent entre l’UE et d’autres pays.
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Sur le chapitre agricole, Minette Batters, présidente du principal syndicat agricole britannique (NFU), a une nouvelle fois exprimé ses plus vives inquiétudes en prévenant que cet accord allait engendrer « une libéralisation totale des produits laitiers après seulement six ans, du sucre après huit ans et du bœuf et de l’agneau après quinze ans ». Concernant le bœuf et l’agneau, elle s’insurge sur le fait que le « Royaume-Uni a accepté des quotas qui favoriseront les importations de morceaux à forte valeur ajoutée, alors qu’il s’agit de la partie du marché où les agriculteurs britanniques ont tendance à tirer une quelconque valeur de leur activité ». D’autre part, elle explique qu’« il n’y aura pas non plus de mesures de sauvegarde pour les produits si les importations atteignent des niveaux préjudiciables après la fin des quinze ans ». En outre, elle a aussi souligné le risque de voir l’accord remettre en cause les normes de production élevées du Royaume-Uni relatives au bien-être animal et à l’environnement, « en n’ayant aucun contrôle sur les importations de denrées alimentaires produites en deçà de celles requises aux agriculteurs britanniques ». Sur la base de ces éléments, elle prévient que « cet accord ne sert qu’à accroître la pression sur les entreprises agricoles à un moment où elles sont confrontées à une forte pression inflationniste et à des pénuries de main-d’œuvre ». Dans ce contexte, elle appelle le gouvernement britannique « à définir une stratégie d’exportation agroalimentaire détaillée, assortie de politiques complémentaires qui permettront aux agriculteurs britanniques d’être compétitifs et de s’adapter ».
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Avant son entrée en vigueur, le texte doit encore être soumis à l’aval des chambres parlementaires britanniques.